REACTION A DEBAT SUR TV5 AFRIQUE (04 juin 2010)
Le 22 mai 2010 dernier dans le cadre de l'émission sportive "Afrique Presse" sur la chaîne de télévision française TV5, un débat sur le thème "A l'occasion de la première coupe du monde de la FIFA, quels sont les enjeux de cet évènement planétaire pour le continent ?" a eu lieu, avec comme invités
- Dénise EPOTE, Directrice de TV5- Afrique,
- Anne DISSEZ,Journaliste à la rédaction du mensuel panafricain "Afrique-Asie",
- FAOUZI Mahjoub , Journaliste à la redaction du mensuel panafricain "Continental" et
- YAHIA Belaskri, écrivain et journaliste pour la revue littéraire "Les lettres françaises", lequel débat était coordonné par Assane DIOP, Journaliste à la redaction de Radio France Internationale.
Au cours de cette émission assez débattue par les divers intervenants,il faut reconnaître que le thème a été assez bien exploré dans ses multiples aspects, malgré le temps d'antenne relativement court imparti à l'émission.Mais seulement d'un autre côté, l'on ne saurait ne pas évoquer quelques petites notes désagréables qui ont pu être entendues sur le plateau, notamment des propos tenues par FAOUZI Mahjoub, et sur lesquels étaient plus ou moins alignés ceux de Anne DISSEZ.
M FAOUZI,on a pu le remarquer, était d'un avis globalement trop critique vis à vis de l'organisation africaine de la coupe du monde, un avis pessimiste et particulièrement méprisant, pour ne pas dire colonialiste, à l'égard de l'Afrique et/ou des Africains. C'est compte tenu de cette dimension de ladite émission que la Centrale Panafricaine (panafrique.e-monsite.com) C.P.R.S. a choisi de publier la présente réaction.
Notre démarche dans ce droit de réponse consiste à analyser quelques uns des propos tenus par M FAOUZI, dans le but de tenter leur exorcisme.
1- << Dans l'organisation de cette coupe du monde, on a oublié de rendre hommage à ceux qui hier sous l'apartheid ont lutté pour que l'Afrique du sud ne puisse pas abriter des évènements de cette envergure. Il faut dire qu'en Afrique on a la mémoire courte.>>
Alors, que dire face à cette première déclaration?
a) A la veille de la coupe du monde 1994 aux Etats Unis d'Amérique, deux tiers des citoyens Américains ne savaient pas que leur pays devaient abriter la coupe du monde de football (Soccer).
b) Comme quelqu'un l'a expérimenté une fois,dites à certains Européens que le Cameroun se trouve au nord de l'Italie et ils vous croiront.
c) Le fameux sommet Afrique - France de 2010 a pris fin hier 03 juin. A cette occasion, l'on a pu réaliser que très peu de Français en étaient informés jusqu'à la veille, pour une raison ou une autre.
Si on se limite à ces quelques exemples, que peut-on déduire comme comportement mnémonique chez ces différents peuples? Est-ce que la déclaration n'était-elle pas trop extrapolée? Le seul constat qu'il fait suffit-il pour conclure comme il lefait? Peut- être aurait-il été mieux d'écrire une suggestion au comité sud africain d'organisation de la coupe du monde pour relever le manquement, plutôt que d'agir ainsi négativement.
2- << Depuis les indépendances, l'Afrique a formé des économistes , des ingenieurs,etc. , mais elle n'a pas pensé à former des entraîneurs de football de haut niveau.>>
Peut-on accorder beaucoup de crédit à cette deuxième déclaration?
a) En fait, il faut plutôt dire que l'Afrique compte de très grands entraîneurs de football qui ne sont pas simplement valorisés dans leurs pays ou sur le continent déjà, et ce pour des raisons caduques qui varient d'un pays africain à l'autre. Ici c'est le complexe d'infériorité à l'égard de l'expatrié qui pèse encore sur les mentalités, quand ce n'est pas la crainte du tribalisme (comme si cela n'existait pas en Europe, même sous d'autres aspects), ailleurs on prétend que les Nationaux n'ont pas de personnalité (Si l'Afrique a eu des hommes de grandes personnalités en politique comme LUMUMBA, SANKARA, KHADAFI, MUGABE,etc., pourquoi n'en n'aurait-elle pas parmi les entraîneurs de football? Il faut se dire définitivement qu'il n' y a pas de facultés humaines réservées ), ou alors (et ça semble être le cas le plus fréquent) l'attachement à l'expatrié s'explique par le fait que cela donne l'occasion à des lobbies liés à la fédération ou au Ministère des sports de se faire davantage de beurre.
b) Le métier d'entraîneur, comme d'autres, exige intelligence et expérience professionnelle chez l'homme et est de ce fait à la protée de tous, moyennenant la formation, l'auto-formation et surtout la foi. En Afrique, on peut citer:
- Jean paul AKONO, médaillé olympique avec les Lions Indomptables à Sydney 2000, vice champion de la coupe du monde militaire en 2007, vainqueur de la coupe d'Afrique des nations militaire en 2006,
- HASSAN SHEHATA, l'un des grands génies du football africains, vainqueur de trois CAN successives (2006, 2008 et 2010),
- Le Nigéria a remporté trois fois (1985,1993 et 2007) la coupe du monde des cadets, dont deux fois avec des entraîneurs locaux (YEMI TELLA en 2007 et FANNY AMUN en 1993)
- Le Ghana l'a fait deux fois (1991 et 1995) avec la même compétition, dont une fois avec SAM ARDAY, Ghanéen.
- Le Ghana a remporté la coupe du monde des moins de 20 ans en 2009 avec la Ghanéen SELLAS TETEH.
- Luis Oliveira Gonçalves (Angola), RABAH SADANE (Algérie) le seul coach africain de la coupe du monde 2010 'Afrique du sud, SHAIBU AMODU (Nigéria), Stephen KESHI (Nigéria), JOMO SONO (Afrique du sud), AMMAR SOUAYAH (Tunisie), FESTUS ONIGBINDE (Nigéria), pour ne citer que ceux-là, sont autant de grands entraîneurs africains qui ont faits leurs preuves à l'international.
- Des grands coach, l'Afrique en a toujours eu. Aujourd'hui retraités, on peut citer Charles KUMI GYAMFI (Ghana) qui a offert trois CAN (1963, 1965, 1982), Abdel CHETALLI (Tunisie) à qui nous devons la première victoire africaine en coupe du monde de footbal en 1978, MERH LOUFI(Algérie), ou AL GOHARY (Egypte), et autres.
Pour d'autres telles valeurs du football africain, le journaliste français Gerard DREYFUS pourrait certainement en fournir davantage. Ainsi, l'Afrique possède assez d'entraîneurs de haut niveau (autodidacte ou diplômé) qu'il suffit d'intégrer aux niveaux des équipes nationales africaines ou de leurs pays tout au moins. Pour cela, il faudrait simplement gérer ouvertement et officiellement l'argent du football africain en repartissant les quotas financiers entre le Président de la république, le Premier ministre, le Ministre des sports, Le Président de la fédération et autres conseillers, le Selectionneur(local), les joueurs et les infrastrucutres, en terme de pourcentages à allouer. Il serait préférable que tout ce beau monde rentre officiellement dans la chaîne, au lieu qu'un expatrié démeure l'opportunité de rêve.
3- << La coupe du monde n'est pas africaine, car seuls 2(deux) pour cent de bilets sont vendus aux Africains.>>
Si deux pour cent seulement de billets ont été vendus aux Africains,veuillez préciser que cette statistique exclue les sud-Africains à qui l'on a vendus cinquante pour cent de billets. Même si cela est apparement triste, il faut dire qu'on ne fait pas d'omellette sans casser d'oeufs. C'est un sacrifice à faire si l'Afrique veut respecter la dimension planétaire de son évènement, c'est à dire en tenant compte des autres peuples. Donc, de grâce, ne soyons pas déplaisant à l'égard de cette coupe du monde bien africaine. On se croirait à la veille de la constrution de la basilique de Yamoussoukro, ou encore de celle du monument de la renaissance africaine à Dakar, étant donné que les Africains n'auraient pas droit aux grandes oeuvres
4-<< Aucun pays du monde n'a gagné la coupe du monde avec un entraîneur étranger.je vous le garantie>>
Ce pronostics de M FAOUZI sonne comme un mauvais sort qu'il semble jeter aux équipes africaines en compétition, étant donné que cinq d'entre elles sur six sont coachées par des expatriés. Même si le propos est vrai , on a envie de lui adjoindre le fait que "chaque fois que la coupe du monde de football s'est jouée sur un continent, elle a toujours été remportée par un pays de ce continent, à deux exceptions près: Le Brésil vainqueur en 1958 en Suède(Europe), puis vainqueur en 2002 en Corée-Japon (Asie)". Et si cette "loi" doit rester valable, alors l'Afrique a bien ses chances de remporté cette épreuve au soir du 11 juillet 2010, à condition que les dieux lui prêtent leurs ailes.
Aussi c'est l'exception qui fait la règle. Un autre paramètre que l'observateur devrait prendre en compte, c'est bien " l'imprévisibilité" des Lions Indompatables du Cameroun (qui pourrait permettre à Paul le GUEN de gagner une coupe du monde). C'est une exclusivité de l'équipe nationale camerounaise dont l'intervention spontanée ne dépend donc d'aucun individu. Il faut aussi compter avec l'habitude nigériane à la haute compétition internationale, la technicité ghanéenne, l'expérience du "CHEIKH" RABAH SADANE, ou encore la grande préparation sud africaine, sans oublier la détermination ivoirienne.
A l'issue des réflexions précédentes, l'on espère que les observateurs auront une vision relativement plus équilibrée au regard de l'organisation de la coupe du monde d'Afrique 2010 qui démarre dans une semaine. Retse à espérer aussi que les prochaines critiques seront mieux élaborées, plus objectives à l'égard de l'Afrique. C'est l'occasion ici de suggérer, pour ce qui est des multiples débats sur l'Afrique dans les médias, que l'on veuille autant que faire se peut, à associer une véritable tendance panafricaine, celle qui maitrise et défend ce que le continent a de bien, dans un domaine ou l'autre.
KOM Bernard
Ampliations:
- TVA Afrique
- Radio France Internationale
- Médias
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