Oui pour un expatrié à la tête des LIONS, mais...(Juillet 2009)

Football Africain:

            OUI, POUR UN AUTRE EXPATRIE À LA TETE DES “LIONS INDOMPTABLES“, MAIS…

                                         (Publié en juillet 2009)

 

 Fini le suspens qui n’avait que trop duré quant au choix d’un nouveau sélectionneur pour l’équipe nationale camerounaise senior de football.

   Le choix des autorités sportives nationales s’est enfin porté, comme on le sait, sur le Français Paul LE GUEN, ex-entraîneur du Paris st Germain, et trois fois vainqueur du championnat de France avec l’olympique lyonnais.

 

       Voilà une arrivée qui, nous l’espérons, pourrait contribuer efficacement à une qualification définitive des LIONS pour la coupe du monde 2010.Bon vent M Le GUEN.

        Mais, serait-on honnête de rester silencieux face à d’autres aspects de la nomination de cet énième sélectionneur expatrié à la tête des LIONS ?

 

       Si le collège d’entraîneurs locaux dirigé par Thomas NKONO a rapidement été débarqué au profit du sorcier Blanc, cela démontre combien il est peut-être encore bien tôt, de rêver du jour où nous Africains dirigerons nous-mêmes nos équipes nationales,pour ne pas dire nos pays.

         Cette "incapacité" africaine, on l’a souvent mise au compte du complexe d’infériorité, du manque de personnalité, du tribalisme, des magouilles financières qui profiteraient à certains dirigeants, ou encore de l’incompétence, et ainsi de suite. Des arguments tous fallacieux qui en fait ne sont que des prétextes et de "l’intox" impérialiste.

 

         En fait, plusieurs données prouvent le contraire :

-          Sa plus prestigieuse médaille de football, le Cameroun la doit à notre compatriote Jean Paul AKONO,

-          Lorsque les minimes, cadets ou juniors camerounais vont en compétitions, même de coupe du monde (Montaigu,sydney 2000,etc.), n'est-ce pas avec des entraîneurs locaux

-          Le Nigeria a remporté trois fois la coupe du monde des moins de 17 ans, dont deux fois avec un sélectionneur local,

-          J’ai fait personnellement une étude mathématique comparative des performances des entraîneurs africains et expatriés (voir l’article Football Africain : Plaidoyer pour un entraîneur sur www.centralepanafri.onlc.fr), au lendemain des CAN 2004 et 2006 de football, laquelle étude a simplement prouvé que les deux catégories avaient des talents comparables.

-          L’Egypte a récemment battu l’Italie en coupe des confédérations en Afrique du sud avec le citoyen HASSAH SHEHATA,

-          Le Nigeria a récemment battu la France en Match amical en France, avec un sélectionneur local, etc.

 

              Pour en revenir à cette dernière nomination, il faut dire qu’elle aura permis d’entrevoir quel est le véritable moteur qui actionnerait le recours aux entraîneurs expatriés dans les pays africains. Comment comprendre que le peuple et les dirigeants parfois s’accordent pour l’usage des locaux, et que subitement la donne bascule ensuite sans explication plausible. C’est un scénario assez fréquent.

 

            Les nationaux africains semblent avoir enfin compris, en majorité, quelle perte financière énorme (Les compétences sont comparables, mais l’expatrié coûte dix à douze fois plus cher que le national) l’on réalise en employant l’expatrié, mais les décideurs sont visiblement impuissants face aux pressions financières de certains lobbies sportifs occidentaux, à l’instar de l’équipementier POUMA dont l’ombre a été une fois de plus décelée derrière le cas de Paul Le GUEN.

            L’on pourrait de ce fait en vouloir à nos dirigeants sportifs de manquer de poigne face à cette situation, ce qui serait l’erreur classique de réflexion que nous commettons. Pourquoi ?

            Vous êtes Ministre africains des sports ou Président d’une fédération africaine de football, et vous désirez faire confiance aux Nationaux, mais vous sentant seul face au puissant impérialisme sportif occidental, vous cédez malgré vous, surtout que vous savez qu’on vous enlèverait pour qu’un autre compatriote "plus sage", fasse la salle besogne. Vous risquerez même d’être définitivement fiché, d’avoir refusé de servir la "patrie" Voilà un peu le principe de la Mafia occidentale contre l’Afrique et le tiers-monde, non ?

 

    De là, l’on devrait probablement comprendre pourquoi, certains Présidents africains tels que MOBUTU, COMPAORE, pourraient bénéficier de circonstances atténuantes faces aux assassinats de LUMUMBA et SANKARA, respectivement, pour ne citer que ces deux cas. Ils avaient probablement agi (si cela est véritablement prouvé) à contre cœur, contraints de même par l’impérialisme politique.

         Ainsi, chers sportifs africains, au-delà des impérialismes politiques, économiques et culturels que l’on perçoit le plus, l’on devrait prendre conscience des autres impérialismes qui sont donc sportifs, scientifiques ou surtout financiers. Chaque impérialisme doit ainsi correspondre à son panafricanisme. Autant d’impérialismes, autant de panafricanismes, si l’Afrique veut s’en sortir.

            Le Pr. CHEIKH Anta Diop écrivait que « L’impérialisme économique est la vis de sécurité de l’impérialisme politique. », mais peut-être que l’impérialisme financier est la vis de sécurité de tous les impérialismes. Aux chercheurs africains de trouver des solutions à cette problématique, qui serait l’ennemi numéro un de l’Afrique.  

 

                                  KOM  Bernard, Chercheur Indépendant,

                                  Douala 00 237 99 87 74 59. Juillet 2009

                                  www.panafrique.e-monsite.com

                                  www.centralepanafri.onlc.fr


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