FOOTBALL AFRICAIN: AUTRES LECONS DE LA CAN 2010 D'ANGOLA (23 Mars 2010)
Par KOM Bernard
Après la dernière Coupe d'Afrique des Nations disputées en Angola en Janvier dernier, il n'est pas trop tard pour faire d'autres réflexions sur le football africain en général, et dégager d'autres leçons.
Pendant toute cette phase finale, on a bien sûr assister à la domination indiscutable de l'Egypte sur les autres pays qualifiés. Cette supériorité manifeste des pharaons a été remarquée en partie à travers leurs multiples victoires sur les quatre mondialistes du continent africain.Après avoir battu le Nigéria en match de poule, marché sur le Cameroun en quart de finale, éliminé l'Algérie en demi-finale, les poulains du coach HASSAN SHEHATA (qui restera dans l'histoire comme l'un des grands génies du football africain) ont clotûré en apothéose avec la victoire en finale devant le grand GHANA d' André AYEW.
Cette merveilleuse performance de l'Egypte,qui n'est pas une première, constitue de quoi amener les Camerounais à dire '' Egyptiens BA ZALAKI sorciers", essouflés par les contre performances des Lions Indomptables. Mais, après toutes ces observations, quelles leçons tirer pour l'avenir?
DE LA NECESSITE DU PROFESSIONALISME GENERAL
1) Tous les pays africains ont la stricte obligation de passer urgemment au professionnalisme, car c'est surtout de là que vient la force de l'Egypte. Sans cela, il faut s'attendre absolument que les pharaons s'imposent à nouveau en CAN 2012.
2) La force du GHANA, finaliste malheureux vient également de ce professionalisme. Non seulement cette dernière a été deuxième, on peut constater qu'à la différence d'autres pays africains, dont le Cameroun, cette équipe n'était pas souvent rattrapée au score. Sa défense savait conserver un but marqué, sans concéder de pénalty ou encaisser un but adverse. Mieux encore, le GHANA semble avoir perdu en finale, juste parce que c'était écrit, et non pas parce qu'il a démérité vraiment.Il a fait ce qu'une équipe de football en finale devait faire, sans succès malheureusement.
3) Afin d'instaurer leurs professionalismes respectifs, il ne serait pas mauvais pour les autres pays du continent, d'envoyer un ou deux émissaire(s) séjourner en Egypte pendant quelques mois,dans le but de mieux observer la structuration du professionalisme local.Pour ceux des pays n'ayant pas assez de ressources financières, ils pourraient toujours s'attacher les services d'un ou de deux compatriote(s) vivant déjà sur place, pour effectuer ce travail. Pareille visée pourrait également se faire au GHANA et au Nigéria, dont les footballs sont déjà plus ou moins professionnalisés.
4) Les autres pays africains pourraient aussi multiplier des matchs amicaux contre l'Egypte, le GHANA, le Nigéria, précurseurs du professionalisme sur le continent, pour ne pas se limiter à visionner leurs rencontres par voie de compact disk (CD).
5) Pour asseoir les bases du professionalisme en football, les fédérations nationales africaines pourraient par ailleurs composeravec les entreprises commerciales et industrielles qui souvent soutiennent déjà financièrement le football corporatif de manière permanente.
UNE IDEE DU BALLON D'OR AFRICAIN
Si une phase finale de football comme celle de la CAN est un challenge entre plusieurs équipes nationales, elle est d'autre part, l'occasion de comparer des nombreux talents individuels présents pour la compétition.C'est ainsi que des vedettes comme Frédéric KANOUTE, Michael ESSIEN, John OBI MIKEL, ou encore Samuel ETO'O et Didier DROGBA, n'ont pas échappé récemment aux nombreuses critiques et éloges des observateurs internationaux.
S'agissant de ces deux derniers en particulier, leur "confrontation" a continué jusqu'à il y a quelques jours, à l'occasion de la délivrance du ballon d'or africain 2009 par la C.A.F., ou encore du duel CHELSEA - INTER de Milan. Ce prix fut un autre moment pour beaucoup d'observateurs de déplorer là aussi une hégémonie des profesionnels africains évoluant en Europe, sur les amateurs restés sur le contient.
Lorsque l'on sait que c'est partant d'un constat analogue que la CAF a eu l'idée de crée le CHampionnat d'Afrique des Nations (CHAN) pour les amateurs, il devient alors très naturel de suggérer à la CAF la création d'un titre pour les amateurs, qui soit l'équivalent du ballon d'or africain actuellement décerné de plus en plus aux professionnels. Soit on lui trouverait une appelation à part, soit on distinguerait désormais "Ballon d'or africain professionnel" et " Ballon d'or africain amateur ". A la CAF d'apprécier l'idée.
DU NIVEAU DU FOOTBALL AFRICAIN
L'autre donne que les observateurs sportifs internationaux ne cessent d'envisager assez souvent dans leurs spéculations quotidiennes, c'est bien le niveau d'évolution du football africain.Et à cet effet, une période idéale pour les analyses c'est bien une phase finale de CAN, rendez-vous biennal des grandes nations africaines de foot.
La dernière CAN d'Angola a ainsi été l'occasion de penser qu'une telle appréciation de niveau pourrait se faire désormais par des mesures mathématiques précises, et non plus tout simplement par un aperçu général et théorique ou par des spéculations.Il s'agit d'une démarche méthodique consistant à relever des données statistiques au fil de la compétition, c'est-à-dire des paramètres prédéfinis, indicateurs de qualité en football.
Alors, comment ? Ces paramètres, on peut les classer en deux catégories:Les paramètres techniques et les paramètres auxilliaires.
- Les paramètres techniques: Il s'agit de données concernant la technicité du football en elle-même.EIles sont relatives au jeu, aux joueurs, aux entraîneurs et aux arbitres et autres officiels. Dans toute la suite, nous allons noter NMD le nombre de matchs disputés lors de la phase finale, soit NMD=32 pour la CAN.
P1) Le nombre de véritables vedettes présentes à la compétiton, c'est un indicateur de qualité.Ensuite,
P2) Le nombre de rencontres prolongées au-delà des 90mn. Plus ce nombre est élévé, plus il tend à indiquer que les challenges sont nombreux, et donc qu'il y
a qualité.
P3) Le nombre de revanches prises par des équipes sur d'autres.Cela indique que les faibles tendent à s'améliorer.
P4) Le nombre de rencontres où la différence entre les possessions de balle des deux équipes (en valeur absolue) est inférieure à dix pour cent.Plus ce
nombre est élévé,plus les matchs ont été serrés.C'est une preuve de qualité, car il n' y a pas une domination radicale des faibles par les forts.
P5) Le nombre de rencontre dont l'arbitrage n'a pas été contesté.
P6) Le nombre de gestes techniques individuels exceptionnels au cours des rencontres disputées.
- Les paramètres auxilliaires: Ce sont ceux relatifs à des données extérieures telles que l'environnement médiatique, le déploiement financier, et le public, etc.
Q1) Le nombre de chaînes de radios qui couvrent l'évènement,
Q2) Le nombre de chaînes de télévisions présentes,
Q3) Le nombre de journalistes accrédités par catégories(presse, radio, télé, internet etc.) pour l'évènement, si
possible.
Q4) Le nomre total de sponsors de la compétition,
Q5) Le nombre de sponsor ayant soutenus l'évènement à plus de 50 millions de FCFA(par exemple),
Q6) Les montants financiers des diverses cagnottes (vainqueur, finaliste, meilleur joueur, meilleur
buteur,etc.),
Q7) Le revenu financier moyen par joueur et par match gagné. RFM= somme des revenus moyenspar joueur
par équipe sur nombre d'équipes,
Q8) Le nombre moyen de spectateurs par match, égal au nombre total de billets vendus sur NMD,
Q9) Le nombre de matchs joués sans actes de violence de la part du public.
Q10) Le nombre de rencontres sans cartons jaunes, ou ayant commis moins de trois cartons jaunes.
Voilà quelques réflexions que la Centrale panafricaine a jugé utile de porter à l'attention du
public sportif africain et international, au lendemain de la CAN d'Angola. Elles concernent bien particulièrement
les fédérations africaines de football et la CAF. Ces derniers paramètres peuvent même être étendue à
l'appréciation du type de l'accueil réservé par le pays organisateur, les cérémonies d'ouverture et de clôture,
éléments pouvant tous être notés sur vingt, par exemple.
Cette proposition mathématique de mesure du niveau d'un football qui est naturellement perfectible, est autant applicable à la CAN qu'à d'autres compétitions internationales. Elle permet d'évaluer le dégré d'évolution d'un football, tant par rapport à lui-même qu'à un à un autre, par simple comparaison des paramètres fixés. Afin qu'une telle analyse soit objective, elle pourrait être la préoccupation d'un comité spécial d'observateurs bien choisis par la confédération de football ou la FIFA, selon le cas, et qui rendrait sa copie au terme de la compétition.
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