(Mise en ligne ici le 08 Décembre 2009)
UNE CONTRIBUTION DE
KOM Bernard
Enseignant de Mathématiques
Chercheur indépendant
Douala – Cameroun
Le choix de ce thème philosophique mondial a ainsi donné l'ocasion de faire une certaine extrapolation à d'autres disciplines, dont la Mathématique. Il est de ce fait assez naturel, de s'interroger sur la capacité des Mathématiques à contribuer au forgeage de la citoyenneté, autrement dit d'examiner le statut des Matheux en tant que citoyen de la Nation. C'est là la préocupation centrale de la réflexion qui suit.
MATHEMATIQUE ET CITOYENNETE
La question de l’éducation est une donnée en générale assimilable à celle de la formation pluridisciplinaire des individus devant présider aux destinées des sociétés qui les forment. Que ce soit dans l’éducation de base, l’éducation familiale, l’éducation morale, spirituelle ou intellectuelle, n’est-ce pas toujours le même objectif, celui de façonner un profil donné de citoyens ?
Dans ce dernier contexte en particulier, presque autant qu’à l’image des autres, les ingrédients de base sont voulus assez variés, dans ce but final d’une citoyenneté digne et exemplaire.
De
C’est dont logiquement que l’on est en droit de considérer, entre autres, la problématique ‘’Mathématique et Citoyenneté’’, dans le but d’examiner si
Afin d’analyser cette dynamique, il peut s’avérer utile de dégager à priori pour chacun des deux concepts ici en présence, les traits de comportements et les facultés humains inhérents à son essence, autrement dit, comment appréhender la citoyenneté, et, qu’est-on en droit d’attendre du Matheux, en terme de tempéraments ou d’attitudes humaines ? Et enfin sur la base des deux catégories d’éléments recensés, l’on peut enfin apprécier, si c’est le cas, comment les caractères issus de
Cette notion assez palpable est perceptible au quotidien par des caractéristiques telles que : le patriotisme, le loyalisme, le sens du devoir envers la nation, le respect de la chose publique, le souci de l’intégration nationale, l’exercice du droit de vote, le respect de l’hygiène et de la salubrité publique, le souci de l’intérêt général, le paiement des contributions à l’Etat, le souci de la bonne gouvernance, le respect de l’autre, etc.
Cette énumération, bien sûr partielle, étant donnée, quelles sont ensuite les valeurs essentielles que
Hormis sa nature de science hypothético-déductive,
Et sur le plan humain ensuite, y aurait-il quelques particularités comportementales caractéristiques du Matheux ?
A cette interrogation, et en situation idéale, la pratique permanente et soigneuse des Mathématiques devrait inculquer progressivement quelques vertues indéniables en l’homme.
L’exactitude mathématique, associée au principe intellectuel de contradiction des idées oblige souvent le Matheux à s’incliner de façon muette et sans détour possible, face à un contre- exemple à lui brandit par un tiers ; l’habitude à de telles confrontations finit par développer chez l’individu le sens de l’humilité.
De plus, en raison de sa réputation de discipline redoutable, ajoutée à son aura de matière élitiste, le choix des études mathématiques est un pacte définitif avec le travail. Cette abnégation continue finit le plus souvent par faire des Matheux des travailleurs opiniâtres. Et comme tels ces derniers choisissent bien souvent le travail aux loisirs, autant qu’ils sont de la catégorie de ceux qui privilégient l’utile à l’agréable, en simples et pacifiques bâtisseurs.
En enfin, sans bien sûr la prétention d’être exhaustif sur la problématique ici en question, l’objectivité et la rigueur mathématique permettent, en générale de produire des hommes plus ou moins intègres relativement équilibrés et mesurés dans leur gestion du quotidien.
Voilà plus ou moins explicitées les valeurs intrinsèques de la citoyenneté d’abord, et celles de
Cette étape réalisée, libre cours est à présent donné à l’établissement d’une correspondance entre les deux classes d’éléments. Précisément dit, comment est-ce que les vertues de
A la fin, une possibilité d’analyse consiste à dégager pour chacune des qualités mathématiciennes précédemment évoquées, son impact singulier et direct sur la citoyenneté.
Un citoyen humble possède le sens du respect d’autrui.
Atteindre l’état de simplicité vraie, ce qui est un niveau de conscience émérite, traduit une relative transcendance de l’instinct matérialiste caractéristique de beaucoup de citoyens, lequel instinct trahit le plus souvent la citoyenneté à travers le vol de la chose publique et plus particulièrement les détournements financiers.
Ensuite, le travailleur perspicace et surtout méthodique est gage d’un bon rendement pour l’entreprise, ce qui contribue à la bonne gouvernance, laquelle est une autre attitude citoyenne. Mais à ce stade, beaucoup de Matheux auraient besoin encore d’être conscients d’eux-mêmes, autant que la société en générale, et l’entreprise en particulier, devraient en être averties, et surtout solliciter cette compétence matheuse. La grande adaptabilité du matheux aidant, une courte période d’imprégnation suffit en générale ici, pour que ce dernier participe à la bonne gouvernance, indépendamment du secteur d’activité considéré.
Un citoyen mu par la raison peut susciter une repensée des lois injustes, peut juger objectivement selon les lois en vigueur, ou encore appliquer une véritable politique d’intégration nationale de toutes les composantes sociales du pays. C’est toujours par la raison que le citoyen perçoit que le port d’une carte d’identité nationale est d’abord pour son propre intérêt, même si c’est le policier qui en fait l’exigence au quotidien. C’est par elle encore que l’on réalise comment la possession d’une carte de contribuable, ou encore l’exercice du droit de vote, sont des contributions citoyennes à la bonne marche de la nation.
Voilà ainsi développé une certaine appréhension de la problématique ’’ Mathématique et citoyenneté ‘’. Peut-être en découle t-il des Matheux insuffisamment aptes, conformes, ou trop vertueux vis-à-vis de la citoyenneté. A la critique d’en juger. Aussi, si l’on venait à déplorer ce regard du Matheux sur lui-même, rien n’empêche la liberté de la confronter à celle d’autrui afin d’être mieux éclairé, car il va de soi que tout corps de métier reste sujet à la critique.
D’autre part, l’apport fondamental de
Sans intention de développer un quelconque ‘’Mathématisme’’ ici, la société ne mériterait-elle peut-être pas d’être davantage regardante face à cette catégorie d’humains ? Ou tout autant, les Matheux en société ne devraient – ils pas oser se redéfinir, tant pour la citoyenneté que pour d’autres concepts de développement ?
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