MATHEMATIQUE ET CITOYENNETE(08 Décembre 2009)

                                                                            (Mise en ligne ici le 08 Décembre 2009)

 

 JOURNEE MONDIALE DE PHILOSOPHIE SOUS LE THEME : PHILOSOPHIE ET CITOYENNETE LYCEE JOSS DE DOUALA -CAMEROUN

 

UNE CONTRIBUTION DE

KOM Bernard

Enseignant  de Mathématiques

Chercheur indépendant

Douala – Cameroun

  TABLE RONDE DU 19 NOVEMBRE 2009

 

             Le choix de ce thème philosophique mondial a ainsi donné l'ocasion de faire une certaine extrapolation à d'autres disciplines, dont la Mathématique. Il est de ce fait assez naturel, de s'interroger sur la capacité des Mathématiques à contribuer au forgeage de la citoyenneté, autrement dit d'examiner le statut des Matheux en tant que citoyen de la Nation. C'est là la préocupation centrale de la réflexion qui suit.

 

      MATHEMATIQUE ET CITOYENNETE

 

 

               La question de l’éducation est une donnée en générale assimilable à celle de la formation pluridisciplinaire des individus devant présider aux destinées des sociétés  qui les forment. Que ce soit dans l’éducation de base, l’éducation familiale, l’éducation morale, spirituelle ou intellectuelle, n’est-ce pas toujours le même objectif, celui de façonner un profil donné de citoyens ?

        Dans ce dernier contexte en particulier, presque autant qu’à l’image des autres, les ingrédients de base sont voulus assez variés, dans ce but final d’une citoyenneté digne et exemplaire.

        De la Philosophie à la Mathématique en passant par les sciences sociales, humaines, juridiques, politiques ou physiques, par exemple, le spectre de ces divers  catalyseurs se veut assez large.

        C’est dont logiquement  que l’on est en droit de considérer, entre autres, la problématique ‘’Mathématique et Citoyenneté’’, dans  le but d’examiner si la Mathématique peut être d’un apport quelconque à l’édification  du citoyen, et de quelle manière, dans l’affirmative.

        Afin d’analyser cette dynamique, il peut s’avérer utile de dégager à priori pour chacun des deux concepts ici en présence, les traits de comportements et les facultés humains inhérents à son essence, autrement dit, comment appréhender la citoyenneté, et, qu’est-on  en droit d’attendre du Matheux, en terme de tempéraments ou d’attitudes humaines ? Et enfin sur la base des deux catégories d’éléments recensés, l’on peut enfin apprécier, si c’est le cas, comment les caractères issus de la Mathématique peuvent induire ceux relatifs à la Citoyenneté.

 

        La Citoyenneté, état de citoyen, pourrait également être comprise au sens du degré de responsabilité d’un individu  face au respect des institutions  et des lois de son pays.

        Cette notion assez palpable est perceptible au quotidien par des caractéristiques telles que : le patriotisme, le loyalisme,  le sens du devoir envers la nation, le respect de la chose publique, le souci de l’intégration nationale, l’exercice du droit de vote, le respect  de l’hygiène et de la salubrité publique, le souci de l’intérêt général, le paiement des contributions à l’Etat, le souci de la bonne gouvernance, le respect de l’autre, etc.

        Cette énumération, bien sûr partielle, étant donnée, quelles sont ensuite les valeurs essentielles que la Mathématique peut induire en l’homme ?

 

          Hormis sa nature de science hypothético-déductive, la Mathématique est aussi caractérisée  par son profond symbolisme, son abstraction, et plus essentiellement son esprit de rationalité.  

        Et sur le plan humain  ensuite, y aurait-il quelques particularités comportementales  caractéristiques du Matheux ?

        A cette interrogation,  et en situation idéale, la pratique permanente et soigneuse des Mathématiques devrait inculquer  progressivement quelques vertues  indéniables en l’homme.

 

           L’exactitude mathématique, associée au principe intellectuel de contradiction des idées oblige souvent le Matheux à s’incliner  de façon muette et sans détour possible, face à un contre- exemple  à lui brandit par un tiers ; l’habitude à de telles confrontations finit par développer chez l’individu le sens de l’humilité.

            De plus, en raison de sa réputation  de discipline redoutable, ajoutée à son aura de matière élitiste, le choix des études mathématiques est un pacte définitif avec le travail. Cette abnégation continue finit le plus souvent par faire des Matheux  des travailleurs opiniâtres. Et comme tels ces derniers choisissent bien souvent le travail  aux loisirs, autant qu’ils sont de la catégorie de ceux qui privilégient l’utile à l’agréable, en  simples et pacifiques bâtisseurs.

        La Mathématique, par ailleurs, de part sa démarche absolument logique et         rationnelle apparaît, être à l’intelligence humaine ce qu’est la lime  au couteau. Et, de part cette disposition à aiguiser les intelligences, être Matheux sous- entendrait  par ricochet, une bonne adaptabilité à d’autres domaines d’activités professionnelles, doublée  d’un grand sens de l’organisation méthodique du travail, à condition que l’individu prenne conscience  de lui-même.

        En enfin, sans bien sûr la prétention d’être exhaustif sur la problématique  ici en question, l’objectivité et la rigueur mathématique permettent, en générale de produire des hommes plus ou moins intègres relativement équilibrés et mesurés dans leur gestion du quotidien.

 

                  Voilà plus ou moins explicitées les valeurs intrinsèques de la citoyenneté d’abord, et celles de la Mathématique ensuite.

 

        Cette étape réalisée, libre cours est à présent donné à l’établissement d’une correspondance entre les deux classes d’éléments. Précisément dit, comment est-ce que les vertues de la Mathématique  agissent-elles dans le processus de l’édification d’une citoyenneté responsable ?

                   A la fin, une possibilité d’analyse consiste à dégager pour chacune des qualités mathématiciennes précédemment évoquées, son impact singulier et direct sur la citoyenneté.

 

            Un citoyen humble possède le sens du respect d’autrui.

        Atteindre l’état de simplicité vraie, ce qui est un niveau de conscience émérite, traduit  une relative transcendance de l’instinct matérialiste caractéristique de beaucoup de citoyens, lequel instinct trahit le plus souvent la citoyenneté à travers le vol de la chose publique et plus particulièrement les détournements financiers.

 

             Ensuite, le travailleur perspicace et surtout méthodique est gage d’un bon rendement pour l’entreprise, ce qui contribue à la bonne gouvernance, laquelle est une autre attitude citoyenne. Mais à ce stade, beaucoup de Matheux auraient besoin encore d’être conscients d’eux-mêmes, autant que la société en générale, et l’entreprise en particulier, devraient en être averties, et surtout solliciter  cette  compétence matheuse. La grande adaptabilité du matheux aidant, une courte période d’imprégnation suffit en générale ici, pour que  ce dernier participe à la bonne gouvernance, indépendamment du secteur d’activité considéré.

 

        Un citoyen  mu par la raison peut susciter  une repensée des lois injustes, peut juger  objectivement selon les lois en vigueur, ou encore appliquer une véritable politique d’intégration nationale de toutes les composantes sociales du pays. C’est toujours par la raison que le citoyen perçoit que le port d’une carte d’identité nationale est d’abord pour son propre intérêt, même si c’est le policier qui en fait l’exigence au quotidien. C’est par elle encore que l’on réalise comment la possession d’une  carte de contribuable, ou encore l’exercice  du droit de vote, sont des contributions citoyennes  à la bonne marche de la nation.

 

                  Voilà ainsi développé une certaine appréhension de la problématique  ’’ Mathématique et citoyenneté ‘’. Peut-être en découle t-il des Matheux insuffisamment aptes, conformes, ou trop vertueux      vis-à-vis de la citoyenneté. A la critique d’en juger. Aussi, si l’on venait à déplorer ce regard du Matheux sur lui-même, rien n’empêche la liberté de la  confronter à celle d’autrui  afin d’être mieux éclairé, car il va de soi  que tout corps de métier reste sujet à la critique.

           D’autre part, l’apport fondamental de la Mathématique à la citoyenneté est donc surtout manifeste à travers le sens  du devoir  envers la nation,  que ce soit via l’enseignement  ou l’entreprise en général. L’adéquation dans ce dernier cas exigeant non seulement une double prise de conscience chez le Matheux  et l’entrepreneur, mais aussi une formation en plus grand nombre de Matheux.

        Sans intention de développer un quelconque ‘’Mathématisme’’ ici, la société ne mériterait-elle peut-être pas d’être davantage regardante face à cette catégorie d’humains ? Ou tout autant, les Matheux en société ne devraient – ils pas oser se redéfinir, tant pour la citoyenneté que pour d’autres  concepts de développement ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site