REFLEXION SUR LA DISCIPLINE SCOLAIRE(15 octobre 2008)

  
JOURNEE NATIONALE D’ORIENTATION SCOLAIRE 2008
AU LYCEE JOSS DE DOUALA 
THEME :
LES PARTENAIRES EDUCATIFS FACE A L’ELEVE INDISCIPLINE : QUELLES ACTIONS POUR QUELLES FINALITES ? 
RAPPORT  DE  L’INTERVENTION DE
M  KOM  BERNARD
(Enseignant-chercheur indépendant)
                                                            15 octobre  2008
 
LES TYPES  D’INDISCDIPLINES  SOUVENT  RENCONTRES 
 
1)     La flânerie aux heures de cours.
 
2)     La paresse (le refus de faire ses devoirs).
 
3)     Les bagarres, les injures et les rancunes.
 
4)     Le fait de vouloir irriter un professeur en lui rappelant qu’ « il est l’heure »  ou
 
       que « le cours était bon. ».
 
5)     Le fait de se  « renseigner » ou de frauder au cours d’un devoir surveillé.
 
6)     Le vol, que ce soit d’argent ou de fournitures scolaires en classe.
 
7)  Le refus d’obtempérer à une injonction, de la part d’un professeur ou d’un
 
membre de l’administration.
 
8)   L’école buissonnière ou encore le fait de sécher les cours pour des
 
randonnées à moto en ville.
 
9)    Le port sur soi des téléphones portables, de fortes sommes d’argent ou
 
même des objets dangereux.
 
10) Le fait de fumer ou de consommer des stupéfiants dans l’enceinte ou en
 
dehors de l’établissement.
 
11) Le ’’taxage’’ (ou la taxation) : le fait qu’un élève plus fort ou plus imposant
 
rançonne un moins fort, le plus souvent issu de grande famille.
 
12) Les agressions physiques contre un éducateur, etc.
II.     
ATTITUDE DE L’ENSEIGNANT FACE A CES CAS D INDISCIPLINE
 
.     L’enseignant doit avant tout demeurer un auxiliaire du service d’orientation,
 
autant qu’un auxiliaire de l’administration.
 
.    Il doit toujours veiller à asseoir la discipline dans sa classe, sans brutalité, ni
 
démesure, en restant autant que faire se peut dans le règlement intérieur, même
s’il faut reconnaître que ce dernier comporte toujours naturellement ses
insuffisances.
 
.  Il doit savoir punir sans haine, sans rancune, ni partialité (filiation, tribalisme,
corruption etc.…) et doit veiller à la proportionnalité entre le châtiment et la faute
commise :
Considérons une infraction pour laquelle une élève mériterait entre quatre (4) et cinq
(5) coups de fouet. Si l’on lui en donne deux (2) ou trois (3),  il ne retiendrait pas la
leçon du fait d’une certaine complaisance. Si l’on lui en donne six (6) ou sept (7), il
peut ne pas non plus retenir la leçon et engager même plutôt un petit sentiment de
révolte, du fait de l’excès.
Lorsque l’éducateur sait apprécier la limite utile, l’apprenant lui garde sa
sympathie, même après une bastonnade. Il conviendrait de châtier en bon père  et non en bourreau. 
 
.     Il doit envisager les châtiments, même corporels, de manière graduelle. 
 
.  Le recours à la chicote peut s’avérer être nécessaire dans des cas extrêmes, pas seulement pour les petits Nègres, mais aussi pour leurs homologues Blancs, car cela constitue un bon moyen de dissuasion contre la délinquance, si l’on s’en sert subtilement.
Conclusion
            Une certaine philosophie de l’éducation aujourd’hui veut que l’usage de la chicote soit de la violence ou une attitude rétrograde. L’Afrique se doit d’être suffisamment critique à cet égard. Même si quelques excès sont naturellement enregistrés, cela suffit-il pour basculer entièrement cette vision pédagogique ? En fait, l’on ne devrait pas confondre le recours à la chicote à de la violence, car il s’agit plutôt d’un recours à la force, à la force positive (constructrice) pour restaurer l’ordre. Seule la force négative (destructrice) est violence et même les apprenants savent distinguer ces deux aspects de la force.
 
Aussi, l’assimilation de cette nième leçonpédagogique venue d’outre-mer ne devrait pas être automatique car l’Afrique se doit d’apprécier au préalable ce que cette philosophie a apporté à la discipline scolaire dans ces pays.
 
Que ce soit en Europe ou aux E.U., il faut reconnaître que le panorama n’est pas glorieux. Il est traditionnel dans ces pays, ou même déjà dans les établissements d’obédience occidentale basés en Afrique, que les jeunes se livrent à un excès de libertinage (tabagisme, pratique de la drogue, suicides et bien d’autres déviances). Et comme le plus souvent l’occident au présent est l’Afrique dans dix ou vingt ans, l’on gagnerait à prévenir au lieu de guérir.
 
 Plus encore, il est courant dans ces pays qu’un élève content ou mécontent, ou pour un oui ou non, choisisse de massacrer au pistolet quelques élèves et professeurs avant de se donner la mort. Devrait-on attendre d’en arriver là à notre tour, pour réaliser quel danger cela représente ? Certainement que non. Et si cet état de chose était dû en amont à un trop grand ascendant des droits de l’enfant sur les devoirs ? Ou à un rejet radical de la bastonnade par ces pays ? Si en France, par exemple, l’indiscipline grandissante en milieux scolaires fait penser à l’éventualité d’une assistance policière au lycée, ou encore à la possibilité pour les profs de porter plainte, il y a lieu de se demander s’il ne serait pas plutôt intéressant de restaurer au prof un minimum de l’autorité que le droit de l’enfant lui a retiré, autant qu’aux parents ? Ne plus pouvoir ‘’corriger’’ son enfant sous peine d’être inculper, quelle plaisanterie !
 
Les droits de l’enfant (comme ceux de l’homme) ne seraient-ils pas passés d’un extrême à l’autre, là où conviendrait la voie du milieu ? Si la dictature et l’oppression sont bien critiquables, peut-être que la démocratie libérale et le libertinage devraient l’être aussi. Vouloir interdire le fouet à l’école s’apparente à envisager des forces non armées ou des policiers sans armes en société au nom de la démocratie. Le policier canadien, par exemple, n’a-t-il pas lui aussi fini depuis quelques années par troquer son gourdin contre une arme devenue nécessaire?
 
 De nos jours l’on assiste progressivement à l’arrivée d’élèves expatriés dans certains lycées africains. Serait-ce parce que leurs parents y ont perçu la possibilité de leur assurer une meilleure moralité ? Tendance à encourager peut-être.
 
Plutôt que de condamner l’usage du fouet dans les milieux scolaires peut-être devrait-on simplement codifier systématiquement son usage, c’est-à-dire domestiquer, humaniser la bastonnade (mais bastonnade quand même) en concevant un code de bastonnade qui définisse les cas d’indiscipline à chicoter, les parties à chicoter, le nombres de coups à frapper,  les assistants à la bastonnade, le type de fouet etc.
   
L’Afrique, comme pour les prescriptions d’ordre économique venues d’occident, digère toujours d’emblée les modèles éducatifs occidentaux. Rien de bien logique puisque le pauvre est versatile.
 
L’Afrique devrait se garder de confondre le riche et l’idéal. Elle doit identifier ce qu’elle a de bon pour le préserver et identifier ce que l’autre a de mauvais pour le rejeter.
 
Sans vouloir être négatif, peut-être que des Africains devraient présenter des thèses critiques sur les forces et les faiblesses des systèmes éducatifs africains, européens, américains, anglais, japonais, canadiens, etc., que ce soit au niveau de la discipline, des contenus des programmes (niveau par niveau), des textes administratifs ou des ressources humaines etc.
La pensée africaine reste bien complexée inférieurement sur la question, pourtant tout n’est pas que rose de l’autre côté de l’Atlantique.
 
III-
PHASE DE QUESTIONS-REPONSES
 
R1/ Si l’on interdit les chaussures ouvertes, c’est peut-être parce que cela ne protège pas les pieds
        L’exigence de la tenue blanche en sport est simplement un souci d’uniformité comme celui de la tenue scolaire.
S’il fallait permettre aux filles des coiffures avec des mèches, la  préoccupation à la beauté prendrait le pas sur celle d’assiduité à l’école, chez beaucoup d’entre elles. N’est-ce pas que dans le système éducatif anglophone les cheveux doivent être à ras tant pour les filles que pour les garçons ?
 
R2 / Pourquoi le fouet en terminale ?
     D’emblée, il faut dire que l’usage du fouet  ne doit pas être systématique. Le recours à cet outil pédagogique indispensable n’intervient que dans des situations extrêmes. Que serait la société sans la peur du gendarme ? Pourquoi ne pas recourir à des mesures plus draconiennes lorsque l’on est en face d’indisciplinés définitivement réfractaires aux méthodes douces ? Il s’impose d’abord d’asseoir l’ordre en classe afin de protéger les élèves assidus désireux de suivre le cours.  Sinon, en classes de  terminale, un élève est plus enclin à escalader la clôture du lycée, à défier l’autorité du professeur, à mener même une agression physique contre ce dernier. De plus, on y trouve toujours des cas de vols de fournitures scolaires et autres.Pourquoi donc devrait-on absolument mettre les terminales à l’abri du fouet ?

            Pourquoi devrait-on éliminer radicalement la bastonnade de l’enseignement ? Et si les lois humaines actuelles étaient globalement plus souples qu’il n’en fallait, face à la délinquance, et plus largement la grande criminalité ? L’enseignement ne devrait-il pas passer à l’ère de la bastonnade codifiée, pondérée ? Est-ce que l’occident ne gagnerait-il pas plutôt à remettre en question son idée de la bastonnade, quitte à réintroduire la donne dans l’enseignement ?
      
Enfin, merci encore au service d’orientation scolaire du lycée Joss, pour cette invitation renouvelée à mon endroit.
 
CODE DE BASTONNADE A L’ECOLE
 
1-     La bastonnade ne doit pas être systématique.
 
2-     Ne pas taper sur la tête.
 
3-     Ne pas taper plus qu’il n’en faut.
 
4-     Ne pas taper moins qu’il n’en faut.
 
5-     Ne taper que parmi les récidivistes.
 
6-     Bastonner souvent sous assistance d'un ou de deux tiers.
 
7-     Bastonner sans haine, ni rancune, ni partialité.
 
8-     Passer souvent à la mise à genoux pendant une heure ou deux, avant une éventuelle bastonnade.
 
9-     Bastonner l’élève sous l’assistance de ses camarades, le cas échéant.
 
10-  Bastonner en filtrant les cas de maladies signalés par les parents.
 
11-  Le nombre de coups de fouet doit être proportionnel au degré de l’infraction commise.
 
12- Toute bastonnade doit être précédée d'une enquête préalable.

 

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