Enseignement secondaire au Cameroun:Des élèves en transes (09 décembre 2005)

CENTRALE PANAFRICAINE
DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES
ET CULTURELLES (C.P.R.S.)
- S/C B.P. 3583 DOUALA  CAMEROUN
- CEL: 00 237 99 87 74 59
- Email:kombernar@yahoo.fr
 
 
 
 
         ENSEIGNEMENT
           SECONDAIRE
                   AU
            CAMEROUN :

DES ELEVES EN TRANSES
 

 
 
 
 
 
 
 
 

KOM Bernard
Mathématicien
Chercheur indépendant
Douala-Cameroun
 
 
 
 
Cela fait quelques années maintenant qu’un certain phénomène peu orthodoxe a cours dans les établissements scolaires du Cameroun, un phénomène qui donne à penser, et qui est venu rompre la quiétude classique qu’on a connu auparavant dans ces milieux.
De plus en plus récurrent ces dernières semaines (octobre 2005 – novembre 2005), le phénomène de transe des élèves a presque définitivement acquis droit de cité dans l’enseignement secondaire général.
De jeunes élèves qui viennent à tomber subitement, puis à gesticuler et encore à dire des choses assez étranges, voilà la triste réalité. Ce spectacle extraordinaire qui semble remonter à deux (02) ou trois (03) ans déjà, à force de manifestations, est au risque de se banaliser pour devenir ordinaire, et pourtant il devrait de plus en plus être pris au sérieux. Le taureau a apparemment été jusque là pris par la queue, telles qu’en témoignent les résurgences et les récidives de ces derniers temps, alors qu’il est question de sauvegarder la sécurité spirituelle d’enfants innocents qui ne demandent qu’à s’instruire.
La présente contribution à la compréhension, et voire à l’éradication de ce danger fait d’abord un flash-back sur des faits y relatifs, examine quelques propos de témoins oculaires et victimes, jette un regard sur les symptômes manifestés par les victimes, les explications avancées, les thérapeutiques adoptées, et fait ensuite des constats et des analyses.
La présente étude s’attarde aussi sur deux faits quelques peu troublants ayant eu lieu en milieux scolaires, tout autant susceptibles d’éclairer notre lanterne, pour enfin dégager des leçons générales et des questions en suspens, toutes pouvant permettre de mieux cerner le problème.
 
UN RAPPEL CHRONOLOGIQUE DES FAITS
Ci-dessous un tableau non exhaustif récapitulatif de quelques établissements d’enseignement secondaire du Cameroun qui à ce jour ont déjà été victimes de ce syndrome mystique, si l’on peut désigner ainsi le phénomène.
ANNEE
ETABLISSEMENTS
OBSERVATIONS
2002
Collège islamique Cheikh Amhdam (Ngaoundéré)
13 (treize) filles en transe le 16 novembre 2002
2003
CETIC de Mora
Période : fin 2003
2003
Lycée de Foumban
Accusés : un élève et un enseignant. 
2003
Lycée de Matomb
Accusé : un responsable administratif scolaire .
2004
Lycée d’Akwa-nord
 
2004
CETIF d’Akwa
Séance d’exorcisme, mais récidive.
2004
Lycée classique de Mora
 
2005
Lycée de Mora
27 Sept 2005 + fin octobre 2005
2005
Lycée classique de Ngaoundéré
27 octobre 2005. Une cinquantaine de victimes. Fait non nouveau en ville. Pas de suspects dénoncés.
2005
Collège Libermann de Douala
Un cas en Tle A4, fin octobre 2005 : une fille.
2005
Collège de la Vina Ngaoundéré
Au moins un cas, fin octobre 2005 : une fille.
2005
Lycée Bilingue de Yaoundé (ESSOS)
Le 19 novembre : huit (08) élèves en transe.
 
D’autres informations lues dans la presse nationale par le passé, à l’instar des précédentes, situent le lycée de Foumbot et bien d’autres établissements, dans la liste des victimes.
Par ailleurs, une exploitation judicieuse des divers rapports d’enquêtes sur les faits, s’ils en existent, permettrait de remplir un tableau comme le suivant, toujours dans le but de se faire une meilleure idée de la chose.
 
Etablisse
ments
Privé
Public
Date du phénomène
nombre de victimes manifestées
Nombre d’accusés.
Observ.
 
 
 
 
 
Filles
Garçons
Elèves
Enseignant
Resp. adm.
Suspects
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
QUELQUES PROPOS PLUS OU MOINS EDIFIANTS
 
Toujours recoupés dans les médias nationaux (cités en fin d’article), voici les dires de quelques témoins oculaires, et les symptômes et propos de quelques victimes recueillis pour le lecteur, par le journal MUTATIONS principalement, sous la plume de Dieudonné GAÏBAÏ.
 
Témoins oculaires
Ville
Date
Propos
01
TCHENDE (Proviseur)
Mora
Fin
sept. 05
« Neuf de mes élèves ont été victimes jeudi et vendredi dernier des hallucinations. Ils ont été transportés aussitôt à l’hôpital de district de Mora où ils ont reçu des soins intensifs. Pour l’heure, le calme est revenu, les élèves suivent les cours. Nous maîtrisons la situation. »
02
NDZIE (Infirmière de service)
Mora
Fin sept. 05
« Ils sont pour l‘essentiel agités, ils ont des hallucinations. Certains sont en état de dépressions et ont des troubles neurologiques »
03
HELE Florence (Classe de 4ème ) Victime
Mora
Fin sept. 05
« Je suis entrain de me rendre au champ pour les récoltes d’oignons. Je suis accompagnée de deux hommes vêtus de blanc»,
« Eric a pris mon cœur, qu’il me le remette. », « Je m’en vais chercher mon cœur au lycée ». (*)
04
FATIME
Mora
Fin sept.05
« Nous sommes cinquante trois (53) au lycée à avoir été pris »
05
Proviseur du Lycée Classique
Ngaoundéré
27 oct.05
« Ce matin, aux environs de 9 H, alors que la sérénité était de mise, le premier cas s’est déclenché en classe de 6ème. Nous avons mis à contribution l’infirmerie de l’établissement. Quelques minutes plus tard, d’autres cas ont été signalés, l’infirmerie s’est avérée trop étroite pour contenir tous ces élèves, nous les avons conduits à l’hôpital. »
 
 
Bobo Issa (un témoin)
Ngaoundéré
27 oct.05
« Celles qui par curiosité flânaient autour de l’infirmerie de l’établissement ou encore regardaient à travers les fenêtres de leurs classes ont aussitôt été atteintes par le phénomène » .
07
Sources du milieu traditionnel de N’déré
Ngaoundéré
27 oct.05
« Ces transes surviennent après la coupe des arbres au lycée classique en vue de la construction de la clôture de cet établissement. Les arbres constituant un gîte pour les esprits, il est souvent conseillé, surtout dans les lieux publics, de se rapprocher des autorités traditionnelles et religieuses afin que les sacrifices ou incantations nécessaires soit effectués »
08
Un enseignant ayant requis l’anonymat
Yaooundé (ESSOS)
19 nov.05
« C’était vers 11 heures. Moi-même j’ai vu deux enfants qu’on transportait à l’hôpital. C’était des scènes qui ressemblaient à des convulsions. », « Un de mes collègues parlait de pratiques de sorcellerie dont les élèves étaient victimes »
09
Bernard Balinguim (un surveillant. Général )
Yaoundé (ESSOS)
19 nov.05
« Il s’agit en fait d’enfants qui souffrent de maladies non signalées. Tous ces enfants ont des antécédents asthmatiques . Ils sont sous Ventoline. » 
« Il y en avait qui criaient, disant que des gens leur en veulent, et cherchent à les amener quelque part et qu’on devait les arrêter. J’ai personnellement porté assistance à deux élèves de mon secteur, appartenant à la classe de 4ème. »,
« Nous avons juste pu apporter une assistance sanitaire aux victimes de ces évènements. Nous avons ensuite instruit les parents d’approfondir le suivi médical des enfants »
 
(*) D’après le reportage de Canal 2 International, une chaîne de télévision nationale, la nommée HELE Florence ira creuser au pied du mât de drapeau de son établissement scolaire et y retrouvera bien son cœur ce jour là. ( voir images Canal 2 International.)
 
UNE PATHOLOGIE UNILATERALE
 
Etablissement après établissement, transe après transe, l’on réalise que les signes pathologiques sont quasiment les mêmes, à savoir :


-         hallucinations,
-         visions,
-         accès palustre,
-         fièvre,
-         convulsions,
-         troubles neurologiques,
-         dépressions,
-         agitations,
-         pleurs,
 
-         déclarations étranges,
-         Dénonciations d’enseignants ou de responsables scolaires.
 
 


Et c’est ainsi que cela suscite des interprétations diverses, tout naturellement.
 
QUELLES EXPLICATIONS ? QUELS TRAITEMENTS ?
Pour la grande majorité des observateurs, il s’agirait tout simplement d’un phénomène relevant de la pure sorcellerie. Mais cependant, certains autres n’y voient objectivement ou subjectivement, qu’une donnée explicable rationnellement.
Les premiers propos de M. BALINGUIM (voir précédemment) tenus dans Cameroun Tribune du lundi 21 novembre 2005, les propos dus à certaines indiscrétions du service des urgences de l’hôpital provincial de Ngaoundéré qui évoquent le paludisme et la fièvre dans Mutations N° 1521 du vendredi 28 octobre 2005, ou encore les conclusions du corps médical de l’hôpital central de Yaoundé qui penchent pour une hypoglycémie dans Mutations N°1536 du 22 novembre 2005, sont autant d’éléments attestant cette appréhension qui risque de s’avérer trop cartésienne par la suite.
Dans la même lancée, et un peu plus radicalement d’ailleurs, il y a la réaction de M. Emmanuel MPELE, proviseur du Lycée Bilingue d’ESSOS, dans Cameroun Tribune du mardi 22 novembre 2005 (voir www.cameroon-tribune.net). Parlant de l’événement du 19 novembre, il trouve qu’ « on ne peut pas parler d’hystérie collective », « les enfants n’ont pas mangé le matin », il s’agit « d’asthme et d’hypoglycémie », « ce ne sont pas des cas de sorcellerie. Il s’agit d’affections cliniques réelles ». Et l’homme conclut dans un orgueil de ‘’civilisé’’, que « les  Africains ont encore une mentalité prélogique », un snobisme encore caractéristique de beaucoup d’intellectuels africains.
 
Enfin, c’est le Dr Jules Flavien AMOUGOU chef de l’unité des urgences de l’hôpital de la CNPS à Yaoundé qui diagnostique que les élèves en transe n’ont pas de signes cliniques palpables, alors que ceux qu’ils ont reçus souffrent de maladies réelles.
 
De tous ces derniers points de vue rationalistes, les élèves victimes sont mis sous perfusion, dans la majeure partie des cas ou mis sous « Ventoline », comme dans le cas du lycée bilingue d’Essos. Il leur est recommandé de manger convenablement le matin, et aussi de consommer souvent du sucre et même d’en porter sur eux de temps en temps.
 
CONSTATS ET ANALYSES
Après la précédente vue d’ensemble du phénomène de transe dans l’enseignement secondaire au Cameroun, pourquoi ne pas dégager quelques indices dignes d’intérêts pour la compréhension de la question ? Ces indices sont nombreux et sont les uns les plus importants que les autres :
·        Les victimes jusque-là sont presque exclusivement des jeunes filles de la classe de 6ème en classe de 3ème,
·        La majorité de ces victimes ont en moyenne quatorze (14) ans et font la classe de quatrième (4ème),
·        Les filles victimes ont, dans plusieurs cas, dénoncé un élève, un enseignant ou enfin un responsable administratif de l’établissement, de les tenir mystiquement en otage.
 
Ces déclarations étranges des victimes traduisent indubitablement une implication de la sorcellerie dans ces transes. Ils s’en dégagent aussi que des personnes sorcières, des sectaires, etc. ont choisi désormais d’ensorceler la jeunesse, certainement en vue d’atteindre leurs ambitions matérialistes et satanistes. La préférence pour les filles de quatorze ans s’explique moins par le désir sexuel que par celui de puiser les énergies maximales (sexuelle, psychique, spirituelle etc.) qui sont celles d’une jeune fille pubère et pure. Si l’établissement scolaire est un centre éducatif, voilà que la malveillance humaine vient en faire un centre énergétique d’approvisionnement.
Voilà un constat majeur que l’on peut faire pour l’instant, en attendant certainement que des sophistes de malheur constituent de développer des thèses troubles en vue de dérouter l’opinion publique, sur le sujet.
·

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Créer un site gratuit avec e-monsite.com - Signaler un contenu illicite