PAYER DES ELEVES POUR QU'ILS ASSISTENT AUX COURS (13 Octobre 2009)

Nous vous envoyons ce message de la part de Philippe Barbaud, professeur certifié d'histoire-géographie

 

***

 

Payer les élèves pour qu'ils

viennent en cours... NON !

 

Appel À tous

les professeurs

 

 

Cher collègue,

 

Aimeriez-vous que vos élèves soient payés pour assister à vos cours ?

Tandis que vous feriez des efforts pour les instruire, corriger leurs copies, préparer vos cours...

... chacune de vos classes recevrait, à la fin de l'année, jusqu'à 10 000 euros pour avoir bien voulu faire acte de présence.

 

C'est le système qui a été introduit dans trois lycées professionnels de l'académie de Créteil.

 

On ne demande aux élèves ni d'écouter, ni de travailler :

Juste faire acte de présence, et... JACKPOT !

 

En ce qui me concerne, les élèves qui, à 17 ans, n'ont toujours pas compris que l'école était une chance pour eux, je préfère qu'ils ne viennent pas dans ma classe.

Car ce sont bien souvent eux qui perturbent les cours et qui empêchent les autres de travailler.

Alors les voir toute l'année, au dernier rang, avec le regard narquois de celui qui gagne de l'argent à ne rien faire, simplement parce qu'il est là, je trouve qu'il y a là une absurdité révoltante.

 

En tant que simple citoyen,

je trouve que mes élèves ont déjà beaucoup de chance de bénéficier d'une éducation gratuite jusqu'à 16 ans ou plus, même s'ils dégradent le matériel et maltraitent leurs camarades ou leurs professeurs.

 

Je ne vois pas au nom de quoi il faudrait en plus leur offrir des cadeaux, des voyages pour les remercier de se présenter en classe.

 

D'autant que je ne suis pas sûr que, sur le plan éducatif, il soit bon de leur enseigner qu'il n'y a AUCUN LIEN entre le fait de gagner de l'argent, et celui de travailler.

 

 

Si vous êtes d'accord avec moi, je vous demande de signer la LETTRE OFFICIELLE DE PROTESTATION que j'ai préparée, à destination de notre ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, et de Martin Hirsch, Haut commissaire à la jeunesse.

 

 

Dès le jour où la nouvelle est sortie, mes élèves de collège ont réagi diversement :

Les uns, étaient contents car ils espèrent, eux aussi, recevoir bientôt de l'argent pour venir en cours...

Les autres, la plupart, ne comprenaient pas qu'on veuille récompenser financièrement ceux qui sèchent habituellement.

 

Et il est vrai qu'il n'y a pas

si longtemps, aller à l'école était considéré comme une CHANCE !

 

C'est d'ailleurs toujours le cas dans la plupart des pays pauvres.

 

Faut-il rappeler qu'au Mali, 85 % des enfants ne peuvent pas aller à l'école ? En Inde, la moitié à peine des enfants ont accès à une scolarité. Et même dans un pays comme le Maroc, la plupart des enfants ne peuvent aller à l'école au-delà de 12 ans.

 

Inutile de préciser que, dans tous ces pays, les enfants sont immensément RECONNAISSANTS envers leurs professeurs.

 

Ils marchent des kilomètres pour se rendre à l'école. Assis par terre, à soixante par classe, ils profitent de chaque instant pour essayer de s'instruire ! Et leurs parents font des sacrifices financiers héroïques pour payer l'école, malgré leur pauvreté souvent extrême !

 

Et nous, il faudrait qu'on achète nos élèves pour qu'ils daignent se rendre au lycée ???

 

On ne peut pas instruire quelqu'un contre son gré. Ce qui est en jeu, c'est le goût d'apprendre, et jamais ça ne s'achètera.

 

S'il y a de l'argent, il faut le mettre ailleurs !

 

C'est aux établissements, aux professeurs, aux élèves qui travaillent, étudient, et construisent leur avenir qu'il faut le donner.

 

Car il ne faut pas oublier que ce sont ces élèves méritants qui, demain, paieront les allocations chômage, les RMI, et la CMU de leurs camarades qui, aujourd'hui, refusent d'étudier.

 

A la limite, ce genre de mesure s'attaque aux fondements mêmes de la solidarité dans notre pays. Car autant il est naturel de tendre la main à un frère qui a eu moins de chance que vous dans la vie...

... autant il est révoltant, et immoral, de prendre à celui qui a honnêtement travaillé pour donner à celui qui par paresse ou par bêtise, n'a pas voulu faire d'effort.

 

D'autant plus que les motivations de nos dirigeants sont loin d'être nettes : le gouvernement cherche ainsi à améliorer les statistiques de l'absentéisme, plutôt que de s'attaquer aux problèmes.

 

La faillite de nos lycées professionnels a une cause simple : le niveau désastreux de la plupart des élèves, qu'on a fait passer de classe en classe alors qu'ils n'avaient pas le niveau.

 

La seule issue aujourd'hui serait de tout reprendre à zéro avec eux, en leur apprenant une bonne fois pour toutes à lire, compter, calculer, s'exprimer et se tenir correctement.

 

Avec de bonnes méthodes, c'est possible. Et ils auraient ainsi le minimum vital pour s'en sortir dans l'existence.

 

Vouloir maquiller ce désastre en leur versant 10 000 euros par classe tout en ne changeant rien au système est révoltant.

C'est même une trahison envers les élèves.

 

Vous avez certainement vu que beaucoup d'organisations syndicales et autres ont dénoncé ce système dans la presse.

 

Mais cela n'a absolument pas ébranlé le gouvernement.

 

Je crois qu'il serait extrêmement dommage pour notre profession que nous ne nous exprimions pas.

 

Posément mais fermement, je crois qu'il est très important que les professeurs qui le pensent expriment leur désapprobation à nos dirigeants.

 

C'est pourquoi nous avons lancé une LETTRE OFFICIELLE DE PROTESTATION, avec plusieurs collègues et l'aide de l'association SOS Éducation, qui oeuvre à la défense de l'école.

 

Je vous demande simplement de signer vous aussi cet appel en cliquant ici. Puis, transmettez cet appel à tous les collègues dont vous avez l'adresse courriel, et que cela peut intéresser.

 

Vous avez ma parole que votre nom et votre adresse courriel ne seront JAMAIS transmis à qui que ce soit, quel qu'en soit le motif.

 

Je compte sur votre volonté de défendre la dignité de notre métier.

 

Avec mes remerciements pour votre geste de responsabilité, dans l'intérêt de tous les enfants à qui nous consacrons notre vie,

 

J'attends votre signature,

 

Pour signer la pétition, cliquez ici.

 

Vous pouvez également accéder à la pétition en vous connectant à :

http://soseducation.com/fichiers/lettre_chers_collegues.htm

 

 

 

 

                    David Barbaud

                    Professeur certifié d'histoire-géographie

                    Gisors, octobre 2009

  

GARANTIE

 

Votre nom et votre adresse courriel sont strictement confidentiels. Ils ne seront JAMAIS transmis à qui que ce soit et ce quel qu'en soit le motif.

 

Pour toute demande d'information au sujet de cet appel et de la garantie de confidentialité, merci de vous adresser à SOS Education,  contact@soseducation.com - www.soseducation.com, association sans but lucratif déclarée selon la Loi de 1901  - Siret : 441 199 627 00031 - Déclaration CNIL : n°871 850 - Informations légales - 120, boulevard Raspail, 75006 Paris - Téléphone : 01 45 81 22 67 - Fax : 01 45 89 67 17

 

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