Tout Chrétien Bamiléké devrait offrir une poule à Créateur

 

          De manière générale, la venue d’un nouveau né dans la famille des peuples Bamilékés est un moment de joie et de réjouissance. Et à cet effet, plusieurs rites sont observés afin de permettre à l’enfant de grandir en intelligence, en sagesse, en puissance et en stature afin de mieux accomplir sa destinée dans notre bas monde. Pour tout enfant bamiléké pure souche vivant ou non au Cameroun, ou tout enfant de père Bamiléké et de mère étrangère qui est né ici, et même ceux qui vivent en Extrême Orient à l’autre bout du monde, un morceau du cordon ombilical doit retourner obligatoirement au village de son père comme pour signifier qu’il appartient bien à la terre et aux racines de ces ancêtres. Bref c’est une marque d’attachement et de reconnaissance. D’où le rite d’enterrement du bout du cordon ombilical. Si le bébé est présent, la doyenne d’âge parmi les femmes du lignage lui fait des onctions avec une herbe sacrée triturée avec un peu d’eau, d’huile et de la terre sur la poitrine et sur les lèvres. Le reste est déposé soit au chevet du lit ou du berceau du nouveau né. Si l’enfant est à l’étranger, comme c’est le cas de ces nombreux enfants nés à Pékin, à Moscou, Paris, Londres, Washington, etc. Le mélange de cette herbe sacrée est retourné au nouveau né pour les onctions diverses et les attouchements nécessaires. Le rite du cordon ombilical : premier baptême de l’enfant Le Cordon enterré insère et intègre l’enfant au cœur de l’univers, et c’est ainsi ici pour signifier qu’on est poussière et qu’on retournera poussière.

          Cela rappelle le Mercredi de Cendres chez les catholiques. Même si nous devons regretter la folie de grandeur et l’ignorance caractérisée de certains de nos frères de la diaspora, voire du terroir, qui se disent des nouveaux convertis de tartempion et jurent ça et là, à cor et à cri sur tous les toits, que Jésus est la solution miracle à tout ; et que notre tradition n’a plus droit de cité dans leur vie. Le rite du cordon ombilical à vrai dire, est considéré dans la tradition comme une première étape du baptême chrétien chez les jeunes enfants de moins de 6 mois d’âge. Ce rite du cordon ombilical est une étape préparatoire car plus tard à l’âge de 7 ans, l’enfant doit être présenté au principal lieu sacré de la concession par le chef de famille. Lequel devrait emporter sur le lieu deux jeunes poussins dont l’un mâle et l’autre femelle, ceci plutôt qu’un seul comme certains amateurs de la tradition le font généralement ici dans la région. Nous n’entrerons pas dans les détails du rituel. Mais celui-ci a au moins l’avantage que le sort et le destin de l’enfant sont désormais guidés par l’égrégore mère de la famille. C’est exactement la même chose chez les chrétiens, car après le baptême au nom de Jésus, l’égrégore chrétien qui est le Christ, et qui a été fondé il y a 2.000 ans prend possession de vous.

Et c’est ici qu’il y a une différence fondamentale. Un possédé qui n’a pas reçu le baptême traditionnel ni le baptême chrétien, est à la merci des démons dangereux puisque ne bénéficiant d’aucune protection ni aux noms des ancêtres, ni au nom de Jésus. Par expérience du métier, nous sommes obligés dans certains cas de délivrance, de baptiser, de faire communier, et de confirmer le possédé ; ensuite demander à ses parents d’aller offrir ces deux poules de créateur afin de pouvoir nous éviter la perte de temps, et une grande débauche d’énergie. Et aussi, de rendre le malade captif à nos trousses pour une longue période indéterminée comme nous l’observons partout ailleurs.

Nos traditions sont conformes à la Loi de Moïse

Sur le plan traditionnel alors, le chef de famille en scellant cette alliance entre le jeune homme et « l’Esprit groupe » du lieu sacré, le met directement en communion avec ses ancêtres. L’image de l’enfant est à jamais inscrite dans leur registre ancestral ; et dès cet instant, les dieux prennent possession de l’enfant, les bons esprits l’assistent, veillent sur lui et le protègent de jour comme de nuit jusqu’à la fin de sa vie. Mais s’il arrivait que l’enfant devenu ainsi adulte se salisse les mains de quelque manière que ce soit, celui-ci perdait à jamais la grâce des bons esprits qui s’envoleront définitivement ; cédant ainsi la place aux esprits méchants avec lesquels il cheminera pour le restant de ses jours, en accomplissant leur volonté. Par ailleurs, « l’Esprit groupe » de la famille a aussi le droit de vie ou de mort sur l’enfant lorsque son comportement devient insupportable et dangereux à leurs yeux. Un tribunal des ancêtres a d’ailleurs lieu au 2/3 de la majorité des voies mais le dernier mot revient automatiquement au chef du tribunal des ancêtres. Et c’est ici qu’intervient le fameux adage selon lequel tout ce qui est sur la terre est comme ce qui est au ciel.

L’évangile de Jésus selon Saint Luc au Chap.2. verset 22 à 25, nous parle clairement et en noir sur blanc de la présentation de l’enfant Jésus au temple. « Selon la loi de Moïse, tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur et pour offrir le sacrifice prescrit aussi dans la loi, savoir une paire de tourterelle ou deux pigeons.» Marie la Mère de Jésus n’avait-elle pas elle-même été présentée au temple dans sa tendre jeunesse ? Nous distinguons 3 catégories de chrétiens sur cette question : 1- Ceux qui adhèrent logiquement et naturellement à cette tradition parce qu’ils sont fiers d’être eux-mêmes et se ressentent là dedans. 2- Ceux qu’on appellerait ici les affranchis qui disent aveuglement et catégoriquement NON à cette tradition en citant les versets bibliques au nom de Jésus ; 3- Il y a ceux que nous nommons les chauves-souris et les jongleurs de tous bords, sans véritable conviction. Le Chrétien Bamiléké devrait cesser de pratiquer la politique de l’autruche, et ne devrait plus avoir honte de sa tradition. Nous connaissons dans nos milieux religieux qui tiennent le discours le matin à l’église et pratiquent le contraire le soir. Ils empruntent des couloirs sinueux et lugubres pour consulter le charlatan ou le sorcier du coin, pour demander ses services. D’autres agissent par personne interposée dans la famille, par le truchement des parents, des oncles et des tantes, pour résoudre tous leurs problèmes de tradition, de coutumes et tous cela leur porte bonheur et les font avancer à pas de géant dans leur fonction et autres responsabilités.

De qui se moque-t-on finalement ? Certains curés de nos campagnes n’ont plus honte de loger dans leurs presbytères des voyants et des sorciers qui travaillent pour eux. Nous sommes conscients que certains pans de voile de notre tradition méritent d’être purifiés et transfigurés à la lumière de Saintes Ecritures, afin de s’accommoder aux contextes de la modernité en permettant que l’Africain s’épanouisse totalement. Mais de là à dire qu’il n’y a que Jésus en tout et partout et à peindre notre tradition totalement en noir par certains serviteurs de Dieu via les trompettes, des tracts et les micros radiophoniques est complètement ridicule, absurde et inacceptable. Il faut faire la part des choses. Comment pouvons-nous prétendre conduire les âmes au paradis céleste tout en faisant comme si la terre n’existe pas ?

Voici venu le temps d’offrir les poules pour nos enfants

Bon A Savoir : certains parents adhérent massivement dans nos églises chrétiennes et font baptiser leurs progénitures par pure formalité ; d’autres le font par fantaisie, par suivisme et snobisme. Puisque n’étant pas capables d’éduquer chrétiennement ceux-ci, et de s’assumer par eux-mêmes afin de maintenir et de raviver la flamme christique qui a été allumée en eux par la grâce du sacrement du Baptême, de la première communion et de la confirmation à eux conférés par la descente du Saint Esprit le jour de la pentecôte. Ils ignorent simplement qu’ils sont des cathédrales vivantes, des temples de l’esprit saint.

L’Eglise comme édifice est belle, elle est vraie et bien mais il ne faut jamais oublier que la beauté intérieure de votre église vaut encore mieux : si l’on s’en tient seulement au comportement et à l’orientation de certains hommes en soutanes et ceux qui occupent les premières places au parvis des gentils de nos cathédrales. Traditionnellement, c’est le lieu Saint qui convoque, interpelle et invite souvent chacun individuellement. Nos ancêtres ne sont pas des mendiants, ils se reconnaissent simplement dans leurs enfants et ceux-ci se connaissent également en eux. Mais des parents conscients et organisés ne devraient pas attendre un appel quelconque pour confier le destin de la vie des enfants au dieu de nos ancêtres afin d’implorer pour eux toutes sortes de faveurs et de bienfaits. Nous en connaissons certaines lignées des individus qui, a un âge adulte ne se sont jamais présentés au lieu Saint pour la moindre offrande et qui ne sont nullement inquiétés. Mais à mieux regarder, et de très près, ils ont beaucoup de manquement, tout ne baigne pas souvent bien dans l’huile chez eux. Toutefois, si par imprudence, ils assistaient à une de ces cérémonies dans un lieu Saint, ils auront ainsi frappé à la porte et celle-ci leur sera désormais grandement ouverte. Par ailleurs, il y a ceux des chrétiens qui se sont égarés complètement dans les méandres de la piété dans nos églises devenant plus royalistes que le roi, en renonçant par pure ignorance, ou par bourrage du crâne contre leur tradition. Mais comme dans chaque chose, il y a un aller et un retour. C’est parfois au soir de leur vie, ou lorsqu’ils sont frappés d’une maladie sévère, qu’ils cherchent à se rattraper. Il est alors très tard pour eux-mêmes, et tous les efforts entrepris en ce moment ne peuvent que profiter aux enfants et aux petits enfants grâce au Dieu Clément et Miséricordieux qui connaît la misère et le manquement du père dans les enfants jusqu’à la 4ème génération. Voici le moment des vacances et très louable et honorable de profiter de ce temps pour présenter les enfants dans leurs lieux saints en y offrant volontiers leurs deux poules du créateur. 

Mis à jour ( Mercredi, 27 Juin 2012 14:23 )

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Commentaires (3)

1. Emmanuel T 15/08/2012

Après la lecture de votre article, j'ai le regret de vous dire que vous n'avez rien compris de ce qu'enseigne la Bible sur JESUS. Il est incontournable, si tu refuse de l'accepter aujourd'hui comme sauveur, tu seras obligé de l'accepter un jour comme juge. Ce jour là, aucun de tes ancêtres ne sera assez fort pour faire quelque chose pour toi, car les morts sont VRAIEMENT morts. Ils n'ont plus aucun rapport avec le monde des vivants.

2. tala 08/11/2012

votre article est tres interessant ,tu sais chaque peuple invente dieu a son image ,vivant en europe ,espagne je me suis rendu compte que les africains ont ete trompes par les sectes et groupes chretiens qui pillulent dans nos pays .la religion est la reponse que chaque peuple donne aux questions existencielles de son existence:qui suis-je ?quelles sont mes origines ?
qu"es-ce le bien et le mal?ou vais-je ?quel est le but de mon existence ?c"est pourquoi il autant de religions qu"il existe de peuples:les juifs suivent le chemin de moise
les chretiens celui de jesus
les musulmans celui de mahomet

les boudhiste celui de boudha

les confucianiste celui de confucius
et les bamilekes le culte de leurs ancetres

c"est leur religion et personne n"a le droit de critiquer la religion des bamilekes parce qu"elle est inerante a sa culture et son histoire .chaque bamileke doit en etre fier
et essayer de la transmettre a ses enfants et petits enfants

c"est notre apportation a l"histoire de l"humanite

3. Olivier 09/11/2012

Bjr M. Talla!
J'ai pour coutume de dire:"Choisir son coté et s'assurer d'y être exemplaire" ; et c'est ce qui manque à beaucoup d'entre nous, chrétiens et particuliérement noirs. En ce qui me concerne, dans ma liberté absolue et avec ma raison, j'ai choisi l'amour, la vérité: Jésus. Je l'ai expérimenté en 2 année et les résultats sont largement supérieurs à ce que j'ai enduré pendant 36 ans dans l'animisme. Bref c'est vrai qu'on nait pour croire et aller de progrés en progrés; mais pas de maniére aveugle. Toute personne critique, aprés une petite introspection dans sa vie doit pouvoir se rendre compte que ce n'est pas "faire la réligion" qui est important. Je ne suis pas pentécotiste, ni catholique, ni évangelique; Je suis CHRETIEN et m'efforce à enseigner à ma progéniture à avoir la crainte du Dieu créateur du ciel et de la terre; pas aux dieux imaginés par des hommes.
Soyez bénis!!!

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