Après le décès du journaliste camerounais PIUS NJAWE

 

         L’on sait aujourd’hui comment la mort du célèbre journaliste, au mois de juillet 2010 dernier, a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Pour certains, c’est l’Etat camerounais qui en était coupable, pour d’autres encore, les responsables étaient les organisateurs de la CAMDIAC (CAMeroon DIAspora for Change) aux États-unis, et ainsi de suite. Puis, émergeant de tous ces déchirements, un argument tout différent est celui venu du journal camerounais ‘’Le jeune enquêteur’’.

        Habitué des singularités, ce journal, comme pour sonner le glas, a publié en manchette de son numéro du 05 Aout 2010, la déclaration suivante << Pius NJAWE a été tué par la coutume ‘’FèFè’’. >>, propos d’un notable Babouantou qui certainement a contribué à aplanir les divergences, et mieux encore à dissiper le climat de suspicions qui s’était déjà installé. Ce genre de déclaration, on le sait déjà, fait souvent sourire certaines personnes qui balayent d’un revers de main les coutumes, ou mieux la religion animiste africaine. Et pourtant.

SAVOIR REPÉRER LES TRACES DE LA COUTUME

        Dans la tradition bamiléké, dont dépendait Pius NJAWE, un adage dit que ‘’ la coutume peut cuire le caillou au point de le ramollir’’, question de signifier sa dureté, sa puissance quasiment inébranlable. Une telle observation, tout chercheur spirituel africain objectif en comprend profondément le sens, et il serait souhaitable que beaucoup d’autres Africains le fassent dans l’intérêt du progrès du continent. Dès l’annonce du décès de l’illustre homme, un certain nombre d’indices laissaient déjà entrevoir cette sentence de la notabilité Babouantou, du moins pour ceux qui savent apprécier l’impact du non respect des coutumes, dans la vie d’un individu. Et inversement, il est fort possible qu’il y ait eu autant des signes annonciateurs en amont, non décodés comme d’habitude par l’environnement modernisé.

1- Un de ses frères avait essayé sans succès, de dissuader Pius NJAWE d’aller à son rendez-vous, ce jour fatidique à Washington.

2- Sa femme et un de ces enfants étaient déjà décédés auparavant des suites d’accident. Pius NJAWE militait pour la sécurité routière contre les accidents. Il est mort de suite d’accident.

3- Pius NJAWE est mort d’accident dans l’état américain de virginie, un état ou le taux d’accident est très réduit, selon les observateurs.

4- Tantôt, Pius et son chauffeur étaient garés, tantôt ils roulaient sur l’autoroute lorsque le choc est survenu. Voilà autant de paradoxes et contradictions troublantes qui ont émaillés le sort tragique du père du journal ‘’Le Messager’’. De telles marques énigmatiques d’échecs, il convient de les noter, car c’est cela les principales conséquences du rejet de la tradition par un individu. Il faut savoir les lire.

UNE INCOMPRÉHENSION A DÉPASSER

        En fait, selon le même numéro du 05 Août 2010, Pius NJAWE, grand notable de son état, avait abandonné la religion animiste depuis belle lurette, pour s’allier à une église chrétienne réveillée. Aussi, il y est dit que le feu chef FOTUE KAMGA des Bandjoun, décédé en 1984, était mort pour les mêmes raisons. Certains rétorquerons, comme on l’entend souvent, que le sang de Jésus brise de tels ‘’liens’’. C’est possible, c’est de leur droit, mais seulement, l’important est de réaliser que, malgré tout, beaucoup de gens souffrent énormément au quotidien dans leurs entreprises, ou meurent prématurément à cause du renoncement à un rite animiste qui pourtant ne leur coûte rien, ni sur le plan physique, ni sur le plan spirituel. Beaucoup de familles aujourd’hui sont divisées sur cette question du choix de spiritualité qui pourtant ne devrait pas se poser, en réalité. Dieu seul sait combien de brillants Africains, à l’instar de PIUS, sont ainsi morts par le passé ou alors vont encore mourir, du fait de cette incompréhension. Le message de la Centrale Panafricaine CPRS (panafrique.e-monsite.com), en cette circonstance douloureuse, est celui d’inviter l’Africain à vivre pleinement sa religion animiste en vue d’y trouver la force nécessaire à sa réussite sociale et son développement. Ce serait mieux que de subir le diktat des sectes pernicieuses qui gangrènent de plus en plus les milieux professionnels de nos jours. Toutefois, ce message n’est pas le premier du genre, et il convient de rappeler que l’animisme africain, tout comme le christianisme possède ses abus. Il s’agit malgré tout de garder un esprit de discernement. On pourrait en dire longuement, suite aux travaux de Feu le Pr CHEIKH Anta Diop ou du Dr Robert AKAMBA et autres.

‘’ ILS L’ONT LÂCHÉS’’

        Sans qu’il ait une quelconque intention accusatoire, notre reporter du journal ‘’Le jeune enquêteur’’ écrit que Pius NJAWE a été ‘’lâché’’ par ses pairs notables, du fait de son rejet de la tradition. Mais, étant donné que même des personnes non-notables sont victimes des coutumes abandonnées, il faut dire que le sort de Pius n’était pas détenu par les notables, autrement dit, que sa survie ne dépendait pas d’eux. Alors, est-ce que c’est les ancêtres qui par méchanceté auraient pris la vie de NJAWE ? Pourquoi l’auraient-ils fait ? Les ancêtres sont-ils sadiques pour tuer leur fils ? Ou alors, l’auraient-ils fait même pour leur égoïsme, dont d’aucuns parlent assez souvent ? Une chose est sûre, ils peuvent ne pas être tous méchants ou tous bons. Puisque l’homme transporte ses connaissances (contrairement aux choses matérielles) terrestres outre-tombe, il peut donc en être de même pour une mentalité ou un trait de caractère. Mais en passant, à l’attention des animistes, si tous les ancêtres souvent se contentent de la goutte de bière ou de whisky qu’on leur verse par terre et nous laissent toute la bouteille à nous seul, si un ancêtre se limite souvent à vous ‘’demander’’ un coq pour toute la vie, s’il peut attendre notre, ‘’je vous verrais’’ pendant dix ans, cela montre tout de même qu’ils sont capables de gentillesse, de tolérance, de compréhension ou de patience, autant que les vivants. Pour en revenir aux personnes victimes du non respect des coutumes, l’expérience amène à se dire que, faire les coutumes c'est-à-dire pratiquer sa religion ancestrale, religion première, ce serait établir un pont avec les ancêtres, un pont par lequel ils peuvent vous guider dans la vie contre la sorcellerie, la malchance, les accidents, et autres malheurs. Donc, inversement et de manière logique, ne pas faire les coutumes, ce serait comme briser ou refuser son propre pare-balle terrestre, c’est aussi réduire ses chances de succès au quotidien, ce serait vivre en aveugle ou en homme dénué de vraie protection. Mais aussi, il faut reconnaître que les ancêtres ne sont pas Dieu lui-même, mais une étape dans la hiérarchie spirituelle.

        Voilà la réflexion, entre autres, que le décès accidentel du journaliste camerounais Pius NJAWE, aura suscité, à la Centrale Panafricaine. Elle interpelle la conscience spirituelle de l’Africain en générale. Elle a pour but d’éviter, ici comme ailleurs, d’autres pertes dans le futur, de grandes valeurs comme NJAWE. Si la pensée moderne dira que faire un accident mortel c’est simplement se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment, eh bien la pensée africaine, elle sait voir certains dangers venir et même les dévier. Pourquoi mépriser des pouvoirs que Dieu a donnés à l’homme pour améliorer la vie, et plus particulièrement pour avoir un contrôle sur la mort ? Avis à d’autres éventuelles victimes sur la liste, tant il est vrai, le besoin des coutumes n’est pas de la même intensité chez tous les individus, même dans une même famille. Merci.

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