DU PROBLEME DES MOTOS TAXIS A DOUALA

Par KOM Bernard,

Chercheur Indépendant à Douala, Cameroun,

04 Juillet 2012

      La question des motos taxis à Douala qui est une actualité assez permanente, a connu depuis le douze juin dernier, une nouvelle phase, avec l'entrée en vigueur de l'interdiction de circuler dans d'autres quartiers de la ville de Douala, tels que Bonapriso, Bali et Koumassi. Cette question qui ne cesse de préoccuper les pouvoirs publics, la société civile, les partis politiques et les syndicats de transport suscite naturellement beaucoup d'analyses et de réflexions.

    

     C'est la raison pour laquelle un avis de plus ne serait certainement pas de trop, malgré que beaucoup d'eau a déjà coulé sous le pont.

     Rappelons qu'il est reproché aux "benskineurs", comme on les appelle couramment, leur non respect des règles de conduite (code de la route), leur manque de civilité (les insultes entre eux ou à l'endroit les usagers), l'absence du permis de conduire et autres pièces chez bon nombre d'entre eux, le non paiement des taxes exigées par l’État, ou encore l'encombrement de la circulation routière du fait de leur nombre assez grand, entre autres.

     Avant de faire une suggestion supplémentaire sur la question, deux observations préalables peuvent être faites: D'abord, rappelons que nous sommes en démocratie, laquelle démocratie signifie gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Gouverner pour le peuple pouvant se comprendre dans le sens où les décisions du gouvernement doivent favoriser le bas peuple en premier. Or les mesures progressivement adoptées contre ces motos taxis (qui constituent une partie du bas peuple), jusqu'à ce jour, contribuent comme plutôt à les refouler au ghetto, et portent aussi atteinte à leurs revenus, leurs emplois et donc leurs niveaux de vie.

     Ensuite, il faut se dire que les motos taxis bien gérées, peuvent apporter des solutions rapides et efficaces face à certaines difficultés quotidiennes de transport. Palier aux embouteillages, accéder dans des pistes reculées, faire rapidement des courses (d'ailleurs certains patrons s'en servent souvent en garant leurs véhicules sur le trottoir), etc.

     Alors, quoi d'autre pourraient-on faire ? L'idée ci-dessous pourrait être réalisée par la Communauté Urbaine de Douala, les Mairies de Douala, ou encore un particulier agrée par l’État. Voici ce qu'une telle structure de gestion pourrait faire:

i) La structure achète un nombre précis de motos, chacune accompagnée de deux casques (l'un pour le conducteur et l'autre pour le passager). ça peut être une première cuvée de cinq cent ou mille motos.

ii) Elle les peint ensuite en jaune.

iii) Elle paye ensuite toutes les pièces et l'impôt relatif à une moto taxi, conformément aux textes envigueur.

iv) Elle crée un centre de formation approprié à l'activité de moto taxi.

vi) Elle met les motos en condition-vente, à de jeunes acquéreurs volontaires et formés au centre. Le remboursement progressif dans ce cas doit tenir compte  du coût d'achat de l'engin, du coût du dossier et de celui de la formation.

vii) La structure de gestion de ces motos devra enfin interdire les "bachements" (transport de plus d'un passager hormis le conducteur) en ville.

     Voilà une suggestion à l'attention des pouvoirs publics, qui pourrait tenir compte des intérêts de chaque partie (les motos taxis, les taxis, les mairies ou même l' État,etc.), mais à la stricte condition que le nombre de motos mises en circulation soit rigoureusement contrôlé, ce qui suppose que les intérêts partisans soient étouffés. Il faudrait aussi prendre des mesures afin que d'autres personnes ne mettent pas clandestinement leurs propres motos en circulation et brouillent le contrôle nécessaire.


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