DES 3e JOURNEES SCIENTIFIQUES PIERRE CROUIGNEAU

3e JOURNÉES SCIENTIFIQUES Pierre CROUIGNEAU 

Par KOM Bernard        


           Elles ont eu lieu les 13 et 14 avril 2012 dernier à Douala au Cameroun. L’ouverture de l’évènement s’est faite ce vendredi soir là vers dix-sept heures et quinze minutes, à l’hôtel SAWA, par une brève allocution de Mme Rachel SENKONG Représentante de M  le Gouverneur de la région du Littoral empêché. 

          Comme autres panélistes ce soir là, on pouvait noter les présences du Dr TOTO MOUKOUO, Président de la Fondation Pierre CROUIGNEAU (F.P.C.), du Dr  Mme TOBO LOBE, Vice-Présidente de la F.P.C., du Pr YVES EPACKA, de M Jean Michel JOB, Ingénieur Centralien de Paris et de M Benoît ATANGANA ONANA, expert comptable.Tout autant dans la salle, l'on notait les présences de quelques inspecteurs régionaux de sciences dont MM HANDT (Sciences Physiques), DJOUBGOU (S.v.t.), Charles FOGUE (Mathématiques), etc.

         

          La première intervention qui suivra sera celle du Dr TOTO qui va dire à l’auditoire ce qu’est la F.P.C., une structure dont l’un des buts fondamentaux est celui d’encourager les jeunes vers la recherche scientifique et technique. Il va ensuite rappeler que Pierre CROUIGNEAU était un frère Jésuite qui fut aumônier de la léproserie de DIBAMBA, Professeur de Mathématiques et Physiques au Collège Libermann de Douala pendant trente années, et que c’était aussi un homme très dynamique dans la promotion de la jeunesse urbaine comme rurale.  Le Dr TOTO va par ailleurs évoquer quelques réalisations de la F.P.C. dont le “concours jeunes sciences“ ainsi que les “Journées pédagogiques des sciences et développement“. Il poursuivra son allocution par la  présentation de  quelques mécènes de la Fondation, tels que la SABC (Brasseries du Cameroun),  BATOULA, TRADEX, ALUCAM, etc, pour achever par des hommages à quelques personnalités présentes dans la salle, à l’instar de M Jean Michel  JOB Polytechnicien de Paris, le Pr Yves EPACKA, un des pionniers de l’université de Yaoundé, le Dr MOUKOKO Priso dont la disponibilité et la générosité permanentes vis-à-vis des jeunes fait de l’homme une sorte de "Jésuite sans l’être".

          La deuxième intervention sera celle du Pr Yves EPACKA qui fera un bref exposé sur la place de l’énergie dans le développement.

          La troisième intervention est celle de M Jean Michel JOB, orateur principal, sur le thème : La place de la production énergétique dans le processus de développement. C’est ainsi qu’il va nous apprendre d’emblée que les questions énergétiques datent de la période médiévale, que c’est l’avènement de l’énergie mécanique qui a quelque part contribué à la fin de l’esclavage (ou l'on utilisait encore l’énergie musculaire humaine), ou encore que le Cameroun possède en Afrique le deuxième potentiel en hydro-électricité.  Il ne manquera  pas, au passage, de résumer la vision qui est celle de Célestin NDONGA (autre collègue Centralien invité, malheureusement empêché) sur la problématique du jour.

          La suite de cette troisième intervention va nous apprendre les notions suivantes: Au Cameroun, et dans nos pays africains en général,il y a prédominance de la consommation domestique sur les autres formes de consommation d'énergie. Ce n'est que accessoirement que nous faisons de l'industrie. En zone rurale, il y a un faible accès à l'électricité (moins de quinze pour cent de ménages sont électrifiés), et donc une faible consommation  électrique, laquelle faiblesse n'encourage pas les entreprises de fourniture d'énergie à investir dans ces zones-là. Sa proposition face à cette difficulté est le remplacement du bois ( polluant et dangereux pour la santé de la ménagère) par du charbon de qualité avec un prix revu à la baisse. Un tel charbon pourrait être produit en évitant toute pollution liquide ou solide, à partir de déchets d'agriculture ou d'élagage des forêts. Par exemple, quatre cent (400) hectares de mais et l’élagage des forêts pourrait suffire à faire fonctionner une unité de production d'un tel charbon. Aujourd'hui la chine vend des machines bons marchés pour la carbonisation, et pour en savoir plus, consulter le site web www.alibaba.com. Le conférencier a fini en donnant son site web personnel à l'attention de ceux désireux d'en savoir davantage: www.cirieconseill.com.

          La quatrième intervention a été celle de M Benoît ATANGANA. Lui, il va d'emblée insister sur la nécessité pour nos pays de former des techniciens, des ingénieurs et des technologues chevronnés, comme l'ont fait les pays d'Asie du sud-est et la chine en particulier. Il a globalement plaidé pour une éducation orientée vers la science et la technologie, et surtout empreinte du double souci de la créativité et de l'innovation. Il a tenu à faire remarquer que dans les pays Dragons d'Asie, quatre vingt pour cent (80%) d'intellectuels sont le plus souvent des scientifiques et vingt pour cent(20%) constituant le reste, situation quasiment contraire dans nos pays. Ce qui signifie que nous devons mettre les moyens en œuvre afin de corriger progressivement ces paramètres statistiques nationaux.

          La cinquième phase de la soirée a été celle consacrée aux échanges questions-réponses. Notre orateur principal précisera à cette étape, que l'opération de carbonisation est directement possible en zone rurale. Il aura aussi l'occasion de recentrer la problématique de la conférence, au vu de quelques interventions souvent extrapolées: "Le problème est celui de voir comment produire de l'énergie à peu de frais pour les ménages camerounais, et non comment produire de l'énergie au Cameroun".  Les multiples réactions, à ce stade de la conférence, vont révéler la présence en salle de beaucoup d'autres grands ingénieurs (hommes et femmes) venus pour la circonstance, dont l'un des doyens, le Pr NIMANGUE, premier Camerounais Centralien de Paris.

          La sixième intervention, la conclusion, a été celle du Dr Mme TOBO LOBE, qui a résumé son propos en trois brèves questions à l'endroit des enseignants: Où en sommes nous pour le développement ? Où voulons nous aller ? Comment y allons nous?

          Les troisièmes journées scientifiques Pierre CROUIGNEAU vont se poursuivre le lendemain 14 avril 2012 au Collège Libermann de Douala, avec les présentations suivantes: Cours de pédagogie de Mathématiques (Parle Pr  Yves EPACKA et le Dr MOUKOKO Priso), Cours de pédagogie de Physique (Par NOUPA Claude), Cours de pédagogie de Chimie (Par Mme TOBO LOBE et M DICKA MANGA Samuel NELLE), Cours de pédagogie de Technologie (Par le Pr Robert NZENGWA) Cours d'informatique, Cours de Philosophie des sciences (Dr EMBOUSSI Eugène), Notion de pédagogie ignacienne (Par le Père AKONO). Il s'en suivra une pause café, puis des travaux en ateliers de Mathématiques, Sciences physiques, Technologie et informatique.

          Après ces travaux viendront ensuite une deuxième pause café, puis la dernière phase des activités, à savoir la séance plénière de restitution des travaux menés en ateliers.  Au cours de cette phase assez riche d'enseignement, deux interventions principales, celle du Dr MOUKOKO Priso et celle du Pr Yves EPACKA. Le premier pour dire, entre autres, que l'Enseignant devrait diversifier les exercices sur une épreuve, qu'il doit définir ce qu'il cherche au préalable, avant de confectionner un sujet d'évaluation, qu'on se doit aussi d'apprendre aux élèves à raisonner mathématiquement et pas seulement les préparer pour les examens officiels, qu'un cours ne doit pas se résumer à la copie et qu'on doit mettre l'accent sur la compréhension, que l'on devrait réfléchir sur comment faire pour intéresser à nouveau les jeunes à l'école, et qu'on pourrait en arriver au stade où l'enseignant d'une classe pléthorique puisse juste corriger par exemple vingt cinq ou trente copies sur 100 et d'en dégager une tendance.

          Quant au Pr Yves EPACKA, son intervention a été pour dire "Ne pas choisir l'enseignement, si on a pour objectif de devenir riche matériellement.", "On doit être heureux, prestigieux, brillant et gai, lorsqu'on enseigne. Il faut du cœur.", "Nous devons créer progressivement une intelligence nationale à travers de fréquentes rencontres comme celle-ci." .

          D'autres interventions nous apprendrons, que tous les étudiants d'informatiques sont immédiatement absorbés à leurs sorties par les industries, ce qui engendre la pénurie d'enseignants dans le domaine, que l’État devrait peut-être avoir un regard sur les effectifs comme cela se fait dans d'autres pays dont le KENYA, par exemple. Un autre a enfin remarqué aussi qu'il y aurait une différence entre les "enseignés" des Blancs et les "enseignés" des Noirs, thèse discutable naturellement, qu'on n'a pas eu le temps d'analyser.

           Enfin, ces troisième journées scientifiques Pierre CROUIGNEAU qui auront connues, par ailleurs, la présence de quelques personnalités politiques camerounaises telles que Hervé Emmanuel NKOM et Marie Louise ETEKI OTABELA, se sont achevées par un dîner de clôture sur les berges du fleuve wouri, au lieu dit base navale. Les avis de quelques séminaristes ont été recueillis en vidéos à l'occasion, et peuvent être écoutés sur facebook.com, en lançant une recherche par mots clés sur le moteur Google. Merci.

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