Thierry TENE: UN EXPERT EN ECONOMIE VERTE ET ENVIRONNEMENT

 

Thierry Téné, expert en green bussiness et conseiller environnement

Par Ingrid Alice NGOUNOU - 25/11/2010

Il dirige A2D conseils qui propose du conseil, de la formation et des audits dans les différents domaines de la croissance verte

Qu’est ce que A2D Conseil?
A2D Conseil est un cabinet d’expertise et de formation sur la croissance verte, le Mécanisme de Développement Propre (MDP), le green business et la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Je l’ai créé en 2005 à Lille après mon Master de Conception de Projet en Eco-développement. Par la suite j’ai suivi des formations sur la gestion et la prévention des déchets, les achats éco-responsables, l’éco-conception des produits et services, les économies d’énergies auprès de l’Agence Française de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie qui est l’organisme de référence dans l’Hexagone en matière de développement durable.

 


Au départ c’était une association
Oui. A2D c’était l’Association des Amis du Développement Durable fondée dès mon arrivée en France il y a 10 ans. Et quand j’ai créé le cabinet de conseils j’ai arrêté de faire de l’association et j’ai pris les initiales pour la dénomination du bureau d’étude A2D Conseil.

Quels services proposez-vous ?
En termes de services on propose du conseil et la formation dans les différents domaines de la croissance verte. Nous réalisons des audits et mettons en place des stratégies de management environnementale, des démarches de responsabilité sociétale des entreprises et tout ce qui est lié aux opportunités d’investissement. Nous pouvons également organiser les forums d’affaires sur l’investissement et le green business. Nous accompagnons aussi les entreprises green tech pour une implantation en Afrique.

Après à 10 ans d’existence, c’est quoi le bilan de parcours que vous ferez ?
Il y a eu une évolution du cabinet parce qu’initialement c’était plutôt le marché français qui nous intéressait. On réalisait les bilans carbone (diagnostic d’émission des gaz à effet de serre) suivi par la mise en place d’une stratégie de réduction de CO2 avec comme clients principaux les collectivités territoriales et on a remporté quelques marchés, notamment quelques uns ici en île de France. Depuis mon arrivée où j’ai créé l’association il y a 10 ans, il y avait cette réflexion sur la meilleure manière d’aborder les questions écologiques en Afrique. Sur le continent les questions environnementales sont en général perçues comme des contraintes. On a trop d’ONG en Afrique qui « défendent » l’environnement or il est judicieux de se positionner sur le créneau du green business en démontrant les opportunités de création d’emplois notamment pour les jeunes, d’activités économiques et de création des richesses.

 

© Journalducameroun.com
Thierry Téné

C’est quoi le green business ?
C’est l’ensemble des activités économiques liées à l’environnement (déchet, énergie, eau, biodiversité, etc.) ainsi que les activités nouvelles qui permettent la création de richesse en limitant au maximum la dégradation de l’environnement (éco-tourisme, agriculture biologique, transports doux, éco-industries, construction durable, etc.)

Racontez-nous comment est né cet engagement pour le vert, l’écologie et l’environnemental ?
A l’issue d’un stage professionnel en licence avec un ami français sur la gestion et la valorisation des déchets, j’ai découvert la possibilité de préserver l’environnement, développer une activité économique fiable et insertion socialement les personnes en difficulté et illettrées. A l’entreprise Triselec avant un reclassement dans d’autres entreprises. En résidence universitaire, malgré la présence des bacs, les étudiants ne triaient pas les déchets. J’ai dis il y a un problème, puisque ce que j’avais vu lors de notre stage était très intéressant et les étudiants, futurs décideurs de demain, méritaient d’être sensibilisés à ces questions. C’est comme ça qu’est venue l’idée l’association A2D suivi de la création du bureau d’étude A2D Conseil.

Parlez-nous de vous, du Cameroun, de votre enfance.
Je suis né à Douala au Cameroun et j’ai passé quelques années à Nkongsamba jusqu’en classe de 3e, et puis, je suis revenu à Douala où j’ai fait de la seconde jusqu’en terminale au Lycée d’Oyak. J’étais presque tout seul car le reste de la famille était au Gabon. Je me souviens encore de ces heures de révision dans une maison sans électricité et constamment inondée en période de pluies. Après l’obtention du BAC, je suis parti au Gabon. Initialement c’était pour faire de la pétrochimie, mais après deux années au Gabon où j’ai fait Biologie Chimie Géologie (BCG), je suis venu en France où j’ai fait sciences de la terre.

Quelle place occupe le Cameroun aujourd’hui dans vos affaires ?
En termes des prestations, même si j’ai participé au séminaire sur l’économie sociale et possède quelques contacts au niveau du patronat, le Cameroun n’est pas à ce jour ma cible prioritaire. D’ailleurs j’ai été au Congo Brazzaville avec lequel on a fait un gros forum, j’étais au Gabon avec le salon Gabon durable, je suis souvent au Mali, je reviens du Bénin et pars pour le Burkina Faso en décembre. Donc j’ai fait tous ces pays à côté sans pour autant passer au Cameroun.

 

© http://www.a2dconseil.eu

Et pourquoi ce n’est pas une préoccupation ?
Je ne sais pas. Vu de Paris je suis un peu mal placé pour juger ces questions là.

Vous n’avez jamais été sollicité par le Cameroun de quelque façon que ce soit ?
Non ! On n’est jamais prophète chez soi. Pourtant j’ai réalisé un dossier sur le green business au Cameroun publié dans l’hebdomadaire économique Les Afriques. Les autorités l’ont d’ailleurs mis en ligne sur le site investir au Cameroun.

Et pourtant on a l’impression les choses bougent notamment avec la construction des infrastructures. Le green business n’a-t-il pas sa place dans cet élan ?
En effet, il faut reconnaître qu’actuellement il y a beaucoup de grands projets au Cameroun. Et puis, même dans le domaine du green business aujourd’hui, les entreprises camerounaises dans la question des déchets sont presque les leaders sur le continent. Vous avez énormément d’entreprises dont la plus emblématique est Bocom international qui, vraiment là parce que l’Etat a donné des signaux avec la loi, a vraiment structuré certains secteurs d’activité. Bien évidemment, il y a beaucoup d’autres qu’on pourrait développer. Les opportunités de green business et de croissance verte sont immenses au Cameroun. Il faut que l’Etat adopte une stratégie nationale, améliore le contexte législatif, soutient les programmes de formation et de renforcement des capacités et travail en partenariat avec le secteur privé pour l’émergence des éco-entreprises.

Vous en avez parlé en début d’interview, la multiplicité des ONG peut être une source d’ennuis ?
Pendant longtemps sur le continent on a eu l’Etat, et à côté de l’Etat on a eu de grosses ONG internationales qui sont venues comme des contre pouvoirs de l’Etat. Aujourd’hui, je dénonce ce type de fonctionnement. L’Afrique doit se tourner vers les PME et les strats-up. Il y a par exemple des grosses ONG qui se positionnent sur le marché de la compensation carbone qui représentera des milliards de dollars dans quelques années. Je dis qu’il y a un gros problème car il est urgent qu’on maîtrise nos marchés dans tous les secteurs d’activités. Aujourd’hui sur le continent, il y’a des ONG parfois qui sont concurrentes des entreprises. On a eu des projets où vous voulez monter un start up de commercialisation des panneaux photovoltaïques, les concurrents financent une ONG qui les distribue gratuitement et la PME africaine dépose le bilan. Nous devons revoir nos rapports avec les grosses ONG qui ne sont d’ailleurs pas africaines alors que dans le même temps aucune ONG africaine n’a un poids équivalent en Occident.

Un mot sur le dernier sommet de Copenhague. On nous a parlé d’échec. Quel est votre avis ?
En fait, échec, ça dépend de qui. A Copenhague et la prochaine c’est à Cancun, même si on n’attend pas grand chose, c’est un signal qu’on donne au marché. Les chinois qui sont aujourd’hui en pleine période de croissance et qui ont des réserves de charbon très importantes ne peuvent pas signer un accord très contraignant si derrière ils ne sont pas convaincus que leurs entreprises ont déjà la technologie et l’expertise nécessaires pour se positionner sur les nouvelles niches. Derrière les beaux discours sur l’avenir de la planète, c’est l’économie de demain avec ces milliards de dollars qui se jouent dans les couloirs des négociations climatiques. D’ailleurs les Etats qu’on accuse de laxisme dans le domaine sont parfois ceux qui sont les plus avancés en termes de technologies et même dans le domaine des marchés. Donc, derrière Copenhague et Cancun, l’échec il faut le lire entre les lignes pour comprendre les enjeux géo-économiques. Je regrette que les africains se contentent encore des promesses sans lendemain sur l’aide.

Un point sur vos autres activités ?
En termes d’autres activités, on va dire que je fais des chroniques. J’en ai fait déjà près d’une cinquantaine avec l’hebdomadaire économique Les Afriques où je suis conseiller environnement.

 

Source: http://journalducameroun.com/article.php?aid=7137

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