Réaction à débat sur '' Télé sud '' (Excision de la femme)

                                             Par KOM Bernard

                           Chercheur Indépendant

 

    Il y a quelques jours, le 26 juillet 2010 précisément, la chaîne de télévision TÉLÉ SUD a diffusé en soirée une de ces émissions classiques que l’on conçoit dans le cadre de la lutte contre l’excision de la femme.

    Sur le plateau de ‘’Lady vous écoute’’, ce jour-là, deux tendances en confrontation : une dame blanche aux idées modernistes, avec en face un africain subsaharien traditionaliste.

   

        Bien évidemment, comme on en est habitué, les choses n’ont pas manqué de tourner en faveur de la pensée dite moderne, au détriment de l’autre option visiblement peu armée pour sa défense. Mais, parce que cette issue dégageait une fois de plus un outrage à la culture africaine tout au moins, il y avait de quoi regretter de n’être pas sur le plateau, d’où l’origine de la présente réaction.

    Voici donc brandis, quelques arguments dont le but est d’interpeller l’opinion internationale dans le sens d’une remise en question des nombreuses critiques à l’égard de la pratique de l’excision des femmes:

A1 : L’excision n’est pas une pratique à condamner autant qu’on le fait actuellement, et ça, je le défends librement et par écris depuis plusieurs années. En avant propos, je voudrais d’abord renvoyer le lecteur vers un premier article y relatif, publié dans la rubrique ‘’Culture’’ du site web ‘’panafrique.e-monsite.com’’ de la C .P.R.S.

A2 : Comme l’excision, beaucoup d’autres valeurs africaines sont plus ou moins condamnées de la même manière, au point que l’on peut se demander si tout cela relève honnêtement de l’analyse objective, ou si cela est guidé plutôt par le mépris, le racisme, l’orgueil moderne, ou alors l’incapacité occidentale à comprendre les autres cultures par rapport à elles-mêmes. On peut citer, entre autres, la polygamie, l’animisme, le lévirat, la place de la femme en société, la médecine africaine, la monarchie politique, la capacité des langues africaines à supporter des concepts scientifiques, le veuvage, la dot, etc. La liste est longue, on le constate, comme si mère Afrique n’avait finalement rien apporté à la civilisation. Hum !!! L’occident moderne, fondamentalement porté vers le capitalisme, est-elle véritablement en droit de donner des leçons de morale, plutôt que de marketing ou d’économie par exemple, aux autres peuples ?

    Le message du chercheur africain tarde à passer, et alors, il serait peut-être temps que beaucoup d’observateurs, les Africains en premier, redécouvrent l’Afrique à travers les yeux de chercheurs occidentaux tels qu’Yvette PARES, Eric de ROSNIE, JOHN le CARRE (La constance du jardinier), Gérard LUCOTTE, pour ne citer que ceux-là. A travers les grands travaux de cette mouvance qui mériterait légitimement l’appellation de panafricanisme occidental (ou panafricanisme Blanc), les uns et les autres pourraient avoir une vision relativement améliorée des valeurs africaines en général.

A3 : Beaucoup d’autres valeurs africaines ou naturelles, hier battues en retraite, sont aujourd’hui entrain d’être réhabilitées par la même culture moderne, du moins par ceux des modernistes décomplexés et avisés. Ce sont : le retour au lait maternel, le retour à l’alimentation biologique, la réintégration de la solidarité familiale (néo-catéchuménat), le retour à la médecine naturelle, les religions autrefois dites primitives (comme l’animisme africain) sont de nos jours dites premières, etc. Alors, est-ce qu’il ne serait pas temps d’intégrer autant l’excision, pour ne plus attendre encore des décennies pour le faire.

A4 : La médecine moderne se trouve être le fer de lance de ce combat contre l’excision de la femme. <<Hélas, aujourd’hui, après près de deux siècles de médecine scientifique, le bilan n’est pas brillant >>, déplore le Dr Christian Tal Schaller dans Sida et médecines complémentaires. Ainsi, malgré son caractère scientifique, elle n’a que deux siècles, et devrait peut-être prendre avec plus de considération des pratiques médicales plusieurs fois millénaires, surtout lorsque les résultats relèvent de l’empirisme. Le choix est-il difficile à faire entre un résultat empirique qui proviendrait de la sagesse ancienne, et un argument moderne relativement jeune et quelque peu boiteux?

A5: Les opposants à l’excision défendent assez essentiellement le droit de la femme au plaisir sexuel, on les comprend. Mais seulement, le sexe, rappelons-le, est un outil de procréation avant d’être un objet de plaisir, selon la pensée africaine. L’excision contribue à contenir les excès et autres débordements en matière de plaisir sexuel en société, tandis que la non-excision s’apparente à la libération en société de Lucifer, l’ange maudit. Pourquoi ne s’amuserait-on pas à comparer la moralité sexuelle africaine traditionnelle avec celle moderne actuelle ? Autrement dit, la sexualité de la femme moderne peut-elle être modélisée, comparée à celle de la femme africaine traditionnelle ?

A6 : Quand bien même l’excision viendrait à être comprise, il ne s’agirait point de l’appliquer systématiquement à toutes les jeunes filles, mais bien sélectivement à celles qui par nature ou du fait de l’environnement, manifesterait des prédispositions à la provocation sexuelle de l’entourage masculin. En fait, les troubles sexuels intenses chez la jeune fille finissent dans beaucoup de cas par hypothéquer partiellement ou totalement son avenir, ainsi que ceux de quelques uns de ses courtisans.

Certains diront que la jeune fille peut se contenir grâce aux conseils, mais en réalité, il faut se dire que cela ne marche que pour une minorité.

A7: Voici d’ailleurs quelques réflexions tirées d’une interview de M Honoré MIMCHE, Enseignant-chercheur à l’IFORD, parue dans Le Messager, journal international camerounais, N° 2424 du 31 juillet 2007, susceptibles de nous éclairer toujours davantage sur la nécessité probable de réadopter sereinement l’excision en société.

- <<Dès lors, la ville arrive comme un perturbateur de toutes ces traditions qui, jadis, rangeaient la sexualité dans un contexte particulier, à savoir le mariage. >>

- <<On a l’habitude de dire : sensibilisation. Malheureusement, il y a eu mille cinq cent projets au Cameroun relevant de la sensibilisation. L’enquête démographique et de santé révèle que 99% voire 100% de Camerounais savent que le sida existe. Mais paradoxalement, le chiffre est sans cesse croissant. Et on reconnaît que c’est cette sexualité qui est d’autant plus directe que désordonnée qui expose à la maladie. Les gens sont conscients que le sida existe et qu’on l’attrape par tel ou tel autre moyen. Mais, ils s’y lancent toujours. Pour cette raison, certains vont vous parler des droits de l’homme ou des enfants. C’est un refrain fredonné à longueur de journées… Je pense qu’il faut à ces enfants, une forme d’éducation brutale et violente comme celle que nous avons subie à un moment donné. Car elle a permis de redresser plusieurs personnes. Pourquoi ne pas penser à une telle éducation aujourd’hui ?>>

Ces propos, c’est le moins que l’on puisse relever dans ladite interview, venant d’une bouche autorisée. Ils dégagent non seulement la frénésie incontrôlable (incontinence ?) des jeunes vers le sexe, mais aussi le caractère inopérant de la sensibilisation et des discours sur les droits de l’homme. Et si alors l’éducation violente prônée ici par notre chercheur pouvait s’apparenter à l’excision, par exemple.

A8 : Aussi, les réflexions suivantes tirées du même dossier sont édifiantes à cet égard.

<< C’est un fléau ici. Nous sommes accablés par les cas de grossesses précoces chez les filles de 13-14 ans. Ce n’est plus une histoire à cacher. >>, Le surveillant général du lycée de Lolodorf (sud-Cameroun).

<< On ne peut pas vous donner des chiffres exacts. Mais si vous allez au lycée, sur cinq filles, trois sont enceintes >>, une source du commissariat de Lolodorf.

<< C’est grave. Le phénomène va croissant. Au fur et à mesure que le temps passe, on constate que les chiffres augmentent au lieu de baisser. >>, Charles Martel AOUDOU, expert en santé de reproduction, consultant à l’Unesco.

<< Pour ces diverses raisons, il est important d’examiner la fécondité des adolescentes>>, conclut Nadège Christelle BOWA (l’auteur de l’article) qui semble chercher la clé du succès, laquelle clé pourrait bien être l’excision.

    Voilà d’autres propos qui traduisent assez clairement que la côte d’alerte est atteinte depuis longtemps, et qu’il y a jusque-là absence de solution adéquate. Peut-être de nouvelles approches ont-elles été adoptées entre temps. Les détails précédents, même s’ils sont relatifs à une ville du sud-Cameroun, sont par ailleurs indicateurs d’une situation quasi-générale dans le monde.

    Alors, l’excision, faut-il continuer à la marginaliser ? Peut-être que la présente réflexion puisse contribuer à ramener toutes les tendances sur des plateaux de discussions libres et décomplexées, afin que naisse une nouvelle appréhension de la donne. << De la discussion jaillit la lumière, et la lumière éclaire tout le monde >>, dit l’adage.

Ampliations :

- Ministère camerounais de la santé

- Ministère camerounais de la culture

- Ministère camerounais de la Recherche scientifique

- Organisation Mondiale de la Santé

- Télé sud

- Médias

Commentaires (1)

1. Sealentaing (site web) 21/10/2012

acheter avana oxide in the. <a href=http://allbestedmeds.com/buy-avana-usa.html>buy avanafil</a> activity and when that happens you can take soon as possible and if you are one of them you need to know that there is a good solution and all you have to do is order be enough. http://allbestedmeds.com/compra-avana-italy.html avanafil mg avanafil debossed. Avanafil prevents phosphodiesterase 5 should be started at.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site